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DOULEUR CHRONIQUE : Les promesses de la stimulation de la moelle épinière

Actualité publiée il y a 3 mois 4 semaines 19 heures
Bioelectronic Medicine
La stimulation de la moelle épinière à haute fréquence permet un soulagement significatif et plus durable de la douleur (Visuel NIH)

La stimulation de la moelle épinière à haute fréquence permet un soulagement significatif et plus durable de la douleur, montre cette équipe de cliniciens de l’Université de Californie - San Diego, qui décrit, dans la revue Bioelectronic Medicine, les progrès accomplis par rapport aux traitements par stimulation plus anciens et à faible fréquence.

 

La stimulation de la moelle épinière (SCS : Spinal cord stimulation) pour la douleur chronique consiste à fournir de faibles niveaux d'électricité directement dans la moelle épinière à l'aide d'un dispositif implanté, qui modifie ou bloque l'activité nerveuse pour minimiser la sensation de douleur atteignant le cerveau. L'approche est le plus souvent utilisée en cas d’échec des autres options de traitement de la douleur, non chirurgicales.

La SCS à fréquence élevée plus efficace contre la douleur

Si les mécanismes sous-jacents de l’action bénéfique de la SCS restent mal compris, les scientifiques de l’UC San Diego que la SCS à fréquence élevée apparaît plus efficace à réduire de douleur perçue, que la SCS de basse fréquence. L’étude révèle également certaines différences dans la réduction de la douleur, perçue entre les patients masculins et féminins.

 

La SCS à basse fréquence (50 Hz) est approuvée depuis 1989 par l’Agence américaine FDA pour le traitement des douleurs résistantes au dos et aux jambes. En 2015, la FDA a approuvé le SCS à haute fréquence (10.000 Hz), qui délivre des impulsions de stimulation électrique de durée plus courte, d'amplitude plus faible et qui n'induisent pas de paresthésie, ou sensation anormale de picotements ou de picotements.

 

L'étude rétrospective a analysé les données de 237 patients ayant reçu un traitement SCS entre 2004 et 2020 :

  • 94 patients (40 femmes, 54 hommes) ont reçu HF-SCS ;
  • 143 patients (70 femmes et 73 hommes) ont reçu LF-SCS.

L’analyse révèle, que :

 

  • à 3 puis 6 mois, le niveau de douleur perçue est réduit chez tous les participants ;
  • la stimulation à haute fréquence est bien plus efficace à réduire la douleur perçue ;
  • la stimulation à haute fréquence permet une réduction plus fréquente et plus importante des médicaments, en particulier des opioïdes.

 

Des différences de réponses entre les sexes : la douleur perçue « masculine » est plus fortement réduite, à 3 et à 6 mois avec la stimulation à haute fréquence alors que cela n’est constaté pour les femmes qu’à 6 mois.

 

« Il existe une littérature croissante suggérant que les voies immunitaires spécifiques au sexe contribuent différemment aux processus de douleur chronique », commente l'auteur principal, le Dr Imanuel Lerman, professeur agrégé d'anesthésiologie, spécialiste de la gestion de la douleur à l'UC San Diego Health : « Ces différences observées selon le sexe (haute ou basse fréquence) dans l'efficacité de la stimulation de la moelle épinière et l'utilisation des opiacés sont vraiment intrigantes ».

 

Les prochaines étapes pour l’équipe vont consister à caractériser soigneusement les voies de régulation de la douleur spécifiques au sexe et qui peuvent s'avérer sensibles à des types spécifiques de neuromodulation et/ou de thérapies pharmacologiques