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DOULEUR CHRONIQUE : Pourquoi l’alcool fait mal

Actualité publiée il y a 1 année 2 mois 3 semaines
British Journal of Pharmacology
Comment la consommation d'alcool contribue à la douleur chronique (Visuel Adobe Stock 149032525)

Comment la consommation d'alcool contribue à la douleur chronique, c’est ce que décrypte et nous explique cette équipe d’addictologues du Scripps Research : l’équipe décrit, dans le British Journal of Pharmacology, comment la consommation d'alcool mais aussi son sevrage, entrainent une augmentation de l'hypersensibilité. Ainsi, 2 mécanismes moléculaires différents, l'un entraîné par la consommation d'alcool et l'autre par le sevrage alcoolique expliquent ce lien complexe entre l'alcool et la douleur et, en l’occurrence, peuvent entrainer le développement de la douleur chronique.

 

Les troubles liés à la consommation d'alcool qui comprennent notamment l’abus d'alcool, l’alcoolodépendance affectent près de 30 millions de personnes aux seuls États-Unis. On sait qu’au fil du temps, ces troubles peuvent déclencher de nombreuses maladies chroniques, notamment les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les maladies du foie et certains cancers.

 

L'auteur principal, le Dr Marisa Roberto, professeur de médecine moléculaire au Scripps Research relève que « la douleur est à la fois un symptôme répandu chez les patients souffrant de dépendance à l'alcool et une raison de boire à nouveau ». Ces travaux, en identifiant ces 2 voies moléculaires, désignent également de nouvelles cibles médicamenteuses possibles pour le traitement de la douleur chronique et de l'hypersensibilité associées à l'alcool.

La douleur, l’un des impacts majeurs de la consommation d'alcool à long terme

Plus de la moitié des personnes atteintes de trouble de la consommation d’alcool ressentent une douleur persistante d'un type ou d'un autre. La neuropathie alcoolique, une lésion nerveuse qui provoque des douleurs chroniques et d'autres symptômes, fait partie de ce type de douleurs. De précédentes études ont montré que :

 

  • le trouble de la consommation d’alcool est également associé à des changements dans la façon dont le cerveau traite les signaux de douleur, ainsi qu'à des changements dans l'activation du système immunitaire ;
  • à son tour, cette douleur peut entraîner une augmentation de la consommation d'alcool ;
  • de plus, pendant le sevrage, les personnes atteintes de ces troubles peuvent souffrir d'allodynie, une condition caractérisée par le fait qu’un stimulus inoffensif est perçu comme douloureux.

 

L’étude a recherché les causes sous-jacentes de ces différents types de douleurs liées à l'alcool, en comparant 3 groupes de souris adultes : des animaux modèles d’alcoolodépendance, des animaux ayant un accès limité à l'alcool non-dépendants, des animaux « naïfs » d'alcool. L’expérience montre que :

 

  • chez les souris dépendantes, l'allodynie se développe pendant le sevrage alcoolique et l'accès ultérieur à l'alcool permet de réduire la sensibilité à la douleur ;
  • environ la moitié des souris non-dépendantes à l'alcool montrent également des signes de sensibilité accrue à la douleur pendant le sevrage de l'alcool mais, contrairement aux souris dépendantes, cette neuropathie n’est pas inversée par une réexposition à l'alcool ;
  • les niveaux de protéines inflammatoires sont augmentées chez les souris dépendantes : cela suggère que différents mécanismes moléculaires peuvent entraîner la douleur ;
  • enfin, ces protéines inflammatoires peuvent être des cibles médicamenteuses prometteuses pour lutter contre la douleur liée à l'alcool.
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Alors que les 2 types de douleur, avec dépendance ou lors du sevrage, varient considérablement, il sera important de les distinguer et de développer des traitements pour chaque type.


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