DRÉPANOCYTOSE : Une thérapie cellulaire qui mène à la guérison fonctionnelle
Une thérapie génique prometteuse contre la drépanocytose sévère et une guérison fonctionnelle chez presque tous les patients, ce sont les conclusions de cette étude, menée à la Cleveland Clinic, sur cette nouvelle thérapie cellulaire. Des conclusions publiées dans le New England Journal of Medicine (NEJM), qui pourront permettre aux patients éligibles, atteints de formes sévères de drépanocytose, d’éviter la greffe de sang ou de moelle osseuse.
La drépanocytose est une maladie génétique du sang pour laquelle les options curatives sont rares. La maladie provoque une déformation des globules rouges, leur donnant la forme d'une faucille. Les globules rouges normaux sont ronds et transportent l'oxygène sans problème dans les vaisseaux sanguins. Dans la drépanocytose, les cellules anormales obstruent la circulation sanguine et se brisent facilement, entraînant des complications telles que des douleurs intenses, des problèmes hépatiques et cardiaques, et une espérance de vie réduite, généralement autour de 45 ans.
Des médicaments peuvent aider à contrôler la maladie, mais la guérison n'est possible que grâce à une greffe de sang ou de moelle osseuse (voir visuel), une intervention qui comporte des risques et nécessite souvent un donneur apparenté.
Cet essai multicentrique RUBY portant sur une nouvelle thérapie cellulaire expérimentale aboutit en effet à des résultats très concluants avec 27 de ses 28 participants ne présentant plus aucune crise drépanocytaire douloureuse après le traitement.
Vers une « guérison fonctionnelle » ?
L’étude, un essai clinique a consisté à traiter les participants souffrant de drépanocytose avec une nouvelle thérapie cellulaire expérimentale unique par modification génique – le Renizgamglogene autogedtemcel (reni-cel). La thérapie consiste à :
- modifier les propres cellules souches hématopoïétiques du patient afin de corriger la mutation responsable de la drépanocytose ;
- augmenter ainsi le taux d'hémoglobine fœtale, empêchant ainsi la formation de falciformes dans les globules rouges, et améliore le taux d'hémoglobine global, réduisant les complications liées à la maladie.
Les 28 participants ont donc suivi une procédure au cours de laquelle leurs cellules souches ont d'abord été prélevées en vue d'une édition génique. Ils ont ensuite reçu une chimiothérapie pour libérer de l'espace dans la moelle osseuse, pour les cellules modifiées, réinjectées ultérieurement. Cette procédure aboutit,
- chez la plupart des patients, à une normalisation des principaux facteurs de croissance des globules rouges dans le mois suivant le traitement ;
- à 6 mois, au doublement du taux moyen d'hémoglobine totale (13,8 g/dL), un taux plus proche de celui observé chez les personnes non atteintes de drépanocytose.
« Nous observons que l'un des avantages de la technologie d'édition du génome CRISPR/Cas12a est l'absence de rejet, contrairement aux greffes de moelle osseuse classiques », relève l’auteur principal, le Dr Rabi Hanna, chef du service d'hématologie-oncologie pédiatrique et de greffe de moelle osseuse et de sang à la Cleveland Clinic Children’s.
« Notre objectif était de parvenir à une guérison fonctionnelle afin de prévenir tout dommage futur causé par la drépanocytose, et ces derniers résultats sont très encourageants. »