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ÉPILEPSIE : L’antiépileptique qui fragilise l’os chez l’Enfant

Actualité publiée il y a 3 semaines 5 jours 23 heures
Epilepsia
L'un des deux médicaments antiépileptiques les plus prescrits, l'oxcarbazépine s’avère associé à un risque élevé de fracture chez l’Enfant (Adobe Stock 60691216)

Ces pharmacologues, pédiatres et kinésithérapeutes du Département de l’Université du Michigan alertent sur ce nouvel effet associé à un antiépileptique courant chez l’Enfant :  L'un des deux médicaments antiépileptiques les plus prescrits, l'oxcarbazépine s’avère associé à un risque élevé de fracture chez l’Enfant. Ces nouvelles données, publiée dans la revue Epilepsia, vont permettre de mieux orienter les médecins dans leurs décisions de traitement pour les enfants et les jeunes adolescents épileptiques.

 

Peu d’études ont été menées sur l’impact des antiépileptiques sur la santé osseuse" des enfants, donc au cours d’une période critique pour la croissance osseuse, rappelle l’auteur principal, Daniel Whitney, professeur de médecine physique et de réadaptation à la Michigan Medicine. Au cours de l’adolescence de nombreuses caractéristiques comme la génétique, la structure osseuse et la biologie osseuse se conjuguent pour développer la résistance osseuse qui atteint son maximum à l'âge adulte. Des perturbations au cours de cette période peuvent entraîner des effets durables sur le système musculosquelettique.

 

L’équipe de Ann Arbor a donc examiné les effets du lévétiracétam et de l'oxcarbazépine, 2 antiépileptiques courants, sur la santé osseuse d’enfants âgés de 4 à 13 ans. Ces deux médicaments sont couramment prescrits aux patients plus jeunes, car ils ont des profils d'effets secondaires relativement plus sûrs que d’autres antiépileptiques, précise le Dr Erin Fedak Romanowski, co-auteur et professeur de neurologie pédiatrique à la Michigan Medicine.

L'oxcarbazépine -mais pas le lévétiracétam- est associé à un risque plus élevé de fracture

L’équipe a suivi durant 5 ans 561 enfants et adolescents épileptiques et environ 271.000 enfants et adolescents exempts d’épilepsie qui ne prenaient donc pas d’antiépileptiques. Au cours de cette période de suivi :

 

  • 12,8 % des enfants sous oxcarbazépine ont subi une fracture,
  • 7,5 % sous lévétiracétam ;
  • 8,2 % chez les enfants témoins en bonne santé.

 

Un défi iatrogénique : savoir que l'oxcarbazépine est associée à un risque de fracture plus élevé permettra aux cliniciens de mieux prescrire, car certains enfants encourent un risque plus élevé de fracture que d'autres. Ces données ne signifient pas que l'oxcarbazépine est un médicament « dangereux », écrivent les auteurs dans leur communiqué.

Cependant, de nombreux enfants et adolescents épileptiques ont des troubles neurodéveloppementaux associés, comme la paralysie cérébrale. Ce groupe de patients pédiatriques est connu pour présenter un risque élevé de fracture, mais les effets secondaires du lévétiracétam sont également connus pour affecter la santé mentale de l’Enfant, une comorbidité courante chez ces enfants atteints de troubles neurodéveloppementaux. Chez ces enfants, la prescription d’antiépileptiques est donc complexe avec un niveau de risque élevé de iatrogénie.  

 

L’objectif thérapeutique est double pour les patients pédiatriques épileptiques : pas de crises, pas d'effets secondaires ? Cependant, il n'existe pas d’antiépileptique parfait et tous induisent des effets indésirables . Pour les médecins, disposer de toutes ces données permet néanmoins d’adopter une approche mieux personnalisée.

 

La prochaine étape est une étude de suivi qui vise à mieux comprendre pourquoi l'oxcarbazépine est liée à fragilité osseuse. Les enfants plus vulnérables à ces effets pourraient peut-être bénéficier de thérapies complémentaires contre la fragilité osseuse.

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