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FENTANYL ou les effets parfois mortels des opioïdes sur le cerveau

Actualité publiée il y a 1 année 8 mois 6 jours
PNAS Nexus
L'étude décrypte les effets mortels de l’analgésique opioïde, le fentanyl, sur le cerveau (Visuel Adobe Stock 295203287)

Alors que les études se multiplient pour alerter sur les effets de dépendance aux opioïdes et dénoncer la crise des opioïdes, comme un problème prioritaire de santé publique, cette étude d’une équipe de pharmacologues du Massachusetts General Hospital (MGH), publiée dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS) Nexus, décrypte les effets mortels de l’analgésique opioïde, le fentanyl, sur le cerveau. Ces données qui vont permettre de sécuriser son utilisation pendant et après la chirurgie, alertent à nouveau sur les dangers du médicament utilisé hors surveillance médicale et hors prescription.

 

Le fentanyl est utilisé pour compléter la sédation et pour soulager la douleur intense pendant et après la chirurgie, mais c'est aussi l'un des médicaments les plus meurtriers de cette crise des opioïdes.

 

A l’aide d'électroencéphalogramme (EEG), les chercheurs précisent les effets du fentanyl sur le cerveau et décryptent comment le médicament arrête la respiration des patients, avant de déclencher d'autres changements notables dont, dans certains cas la perte de connaissance. Le fentanyl induit une signature EEG spécifique, qui pourrait permettre aux cliniciens de surveiller ses effets et permettre une administration plus sûre et mieux personnalisée pendant et après la chirurgie.

Une signature EEG spécifique distincte des autres anesthésiques

L’étude est donc menée par EEG auprès de 25 patients ayant subi une anesthésie générale pour des chirurgies d'une durée de 2 heures ou plus. Les chercheurs identifient certains schémas EEG spécifiques associés à la respiration, à la sédation et à la perte de conscience.

 

« Nous identifions une signature EEG spécifique avec le Fentanyl, distincte des autres médicaments anesthésiques, ce qui va nous permettre de surveiller ses effets et administrer cet opioïde avec plus de sécurité et de manière personnalisée pour chaque patient », explique l'auteur principal, le Dr Patrick L. Purdon, anesthésiste au MGH. L’exemple est donné, des patients atteints de COVID-19 qui sont en soins intensifs :

« actuellement, il n'y a aucun moyen de savoir si les opioïdes fonctionnent chez ces patients inconscients ».

Ainsi, les EEG révèlent que :

 

  • le fentanyl commence à altérer la respiration environ 4 minutes avant tout changement de vigilance et à des concentrations de médicament 1.700 fois inférieures à celles qui permettent la sédation ;
  • en pratique, le fentanyl stoppe la respiration avant même que lr patient s’en rende compte ;
  • aucun nveau de fentanyl ne peut être considéré sans danger en dehors d'un cadre clinique avec des spécialistes formés.

 

Ainsi, son utilisation « illicite » ou hors prescription est largement susceptible d’entraîner « un jour ou l’autre »  une dépression respiratoire extrêmement rapide.

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