GROSSESSE ET ANXIÉTÉ : Le sommeil prédictif des troubles anxieux
Une durée de sommeil plus courte est un prédicteur longitudinal robuste de l'anxiété périnatale et de troubles émotionnels, et non l'inverse, conclut cette étude de psychiatres et de psychologues de la Washington University in St. Louis (St. Louis, Missouri). Des conclusions publiées dans la revue Sleep, qui rappellent que le sommeil est une cible prioritaire pour les interventions de santé mentale, notamment chez les femmes enceintes, et en particulier chez celles qui ont des capacités d'adaptation plus modestes.
Environ 15 % des femmes développent un trouble anxieux pendant la grossesse ou post-partum,
avec un risque accru de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Si la dépression post-partum fait l'objet d'une attention clinique importante, l'anxiété périnatale, pourtant plus fréquente, reste moins étudiée.
La période périnatale est caractérisée entre autres par des perturbations du sommeil multifactorielles : les changements hormonaux et physiques, stress liés à la grossesse et, après l'accouchement, les demandes nocturnes du nouveau-né.
La question de la relation entre sommeil perturbé et anxiété périnatale reste débattue :
- une mauvaise qualité du sommeil précède-t-elle les symptômes anxieux ?
ou
- est-ce l'anxiété qui perturbe le sommeil ?
L'un des auteurs principaux, Rebecca Cox, professeur de psychologie à la Washington University, précise : « Prioriser le sommeil de la mère pourrait avoir des bénéfices pour sa santé mentale ».
L'étude, menée auprès de 230 femmes évaluées à 4 reprises, au début et à la fin de la grossesse, lors du post-partum précoce et du post-partum tardif, a recueilli par questionnaire des mesures de durée et de qualité du sommeil, d'anxiété périnatale, de croyances obsessionnelles et de capacités d'adaptation perçues. L'analyse révèle que :
- les troubles du sommeil pendant la grossesse sont particulièrement prononcés au 3e trimestre, augmentent en post-partum précoce et se stabilisent ensuite, -ce qui est en ligne avec les données existantes ;
-
une durée de sommeil plus courte est associée à une augmentation de l'anxiété périnatale ;
- une durée de sommeil plus courte est associée à des croyances obsessionnelles au fil du temps ;
- les femmes ayant un sommeil plus perturbé présentent en moyenne une anxiété périnatale plus élevée ;
- cet effet est aggravé chez les femmes présentant des capacités d'adaptation réduites ;
- en revanche, les capacités d'adaptation n'influencent pas l'association entre sommeil et troubles obsessionnels ;
- enfin, la direction inverse, anxiété et troubles obsessionnels comme facteurs de troubles du sommeil, n'est pas démontrée.
Quelles implications ? Ces résultats soutiennent les interventions ciblant le sommeil comme approche efficace pour prévenir ou réduire l'anxiété périnatale, avant même l'apparition des symptômes.
Si l’étude, d’observation, ne permet pas de conclure à cette relation de cause à effet, le suivi longitudinal soutient néanmoins que l'amélioration du sommeil réduit effectivement les symptômes anxieux.
Autres actualités sur le même thème
TRISOMIE 21 : L’espoir de pouvoir inverser les déficits intellectuels
Actualité publiée il y a 6 années 10 moisMICROBIOME et MIGRAINE : Des bactéries mangeuses de nitrates déclencheuses de crises
Actualité publiée il y a 9 années 11 moisALZHEIMER : L’espoir d’un traitement préventif ?
Actualité publiée il y a 1 année 3 moisANTIDÉPRESSEURS : Ils ne sont pas sans effets indésirables
Actualité publiée il y a 4 années 8 mois



