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HANDICAP MENTAL : L'apprentissage de la continence est-il possible ?

Actualité publiée il y a 2 mois 3 semaines 13 heures
DÉFI
Le handicap mental qui entraîne une capacité plus limitée d'apprentissage peut être, dès l’enfance, un facteur de non-acquisition de la propreté et de la continence (Visuel Adobe Stock 333841104)

Le handicap mental qui entraîne une capacité plus limitée d'apprentissage peut être, dès l’enfance, un facteur de non-acquisition de la propreté et de la continence. Quelles sont les stratégies qui peuvent être mises en œuvre pour développer ces compétences chez les personnes jeunes ou moins jeunes atteintes de graves déficiences intellectuelles, neurologiques ou cognitives ?

Face à ces handicaps mentaux, l’apprentissage de la continence et la gestion de l’incontinence deviennent des défis à part entière pour les soignants et les aidants familiaux.

 

La littérature suggère qu’il faut chez les personnes nées avec un handicap mental, des années « d'entraînement à la continence », pour acquérir et maintenir le contrôle de la vessie.

L’apprentissage est tout aussi nécessaire dans la durée pour la toilette auto-initiée et autonome. Ce besoin primaire, activité à part entière du fonctionnement au quotidien cesse d’être comblé de manière autonome dès que cesse l’accompagnement de l’aidant, cependant, après une longue éducation, mais le niveau d'incitation à la toilette peut être considérablement réduit.

L’apprentissage de la continence et de la toilette requièrent chez ces personnes lourdement handicapées une formation individuelle intensive sur plusieurs années mais permet ensuite aux aidants une grande économie d’énergie et de temps. La question se pose à l'identique chez les personnes victimes d’AVC ou atteintes de troubles neurologiques ou de démence.

 

L’acquisition de la continence urinaire : certaines études ont comparé différentes techniques ou protocoles pour favoriser l’acquisition de la propreté et la continence chez des enfants lourdement handicapés. Un modèle d'apprentissage de la propreté (Ellis, 1963) a servi de base à différentes thérapies d’apprentissage, les principes en étant :  le port de sous-vêtements et non de protections durant la journée, le maintien d’une vessie pleine, des heures de miction programmées de manière fréquente, des félicitations en cas de miction mais aussi une prise de conscience de l’enfant de sa continence par l’auto-contrôle régulier de ses vêtements. Cette procédure fréquemment répétée au cours de la journée n'est pas amusante pour l'enfant, cependant les études montrent que

les accidents cessent en un court laps de temps,

soit en 7 à 11 jours et une diminution de 90 % des accidents est généralement obtenue, sans pour autant aboutir à une continence parfaite. Enfin, chez le petit enfant avec handicap mental aussi, l’éducation (livres, images) et les aménagements (pot, rehausseur avec marchepied…) doivent être envisagés.

 

La restauration et la conservation de la continence chez la personne adulte handicapée : l’incontinence urinaire associée au handicap a été définie par l'International Continence Society (ICS) comme une condition à part entière, soit

une incapacité fonctionnelle à atteindre les toilettes à temps survenant chez des personnes vivant avec une déficience physique ou cognitive.

Les causes de l'incontinence urinaire associée à un handicap chez l'adulte ou la personne âgée sont multiples et peuvent ainsi comprendre des problèmes de marche liés à une arthrite ou à une lésion cérébrale ou des troubles cognitifs liés à une déficience intellectuelle, une maladie neurologique, une démence.

 

La bonne approche reste personnalisée car elle passe par la résolution, autant que possible, des obstacles rencontrés et des besoins individuels de la personne aidée. L’optimisation de l’accès aux toilettes, des aides à la mobilité, des vêtements faciles à enlever, des aides à l'essuyage et à la toilette (lingettes par exemple) peuvent aider. Enfin, une bonne connaissance de la routine des mictions et une vigilance sur les signaux (comme une agitation, un embarras…) permettent à l’aidant d’être disponible au bon moment.

 

L’importance de l'écoute et de la disponibilité de l’aidant est documentée par de nombreuses études : l’anxiété associée à l’incontinence est un facteur clé d’aggravation de l’incontinence. La comorbidité des troubles anxieux et de l'incontinence urinaire semble associée à une incapacité fonctionnelle excessive qui accélère le développement de la dépendance et de la perte d’autonomie.