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HORLOGE BIOLOGIQUE : Elle impacte aussi la cicatrisation des plaies

Actualité publiée il y a 3 années 8 mois 3 semaines
Science Translational Medicine
Les plaies de jour peuvent cicatriser plus rapidement, en cause les horloges internes des cellules de la peau.

Les plaies de jour peuvent cicatriser plus rapidement, en cause les horloges internes des cellules de la peau. C’est la démonstration de ces chercheurs britanniques qui nous expliquent, dans la revue Science Translation Medicine que ces horloges cellulaires permettent de réagir plus rapidement à une lésion infligée de jour quand les cellules sont plus actives, que de nuit alors que les cellules se reposent aussi.

 

L'horloge interne régule la température corporelle et l'activité hormonale. La régulation de cette horlogebiologique impacte chaque cellule du corps, qui se synchronise ensuite pour définir ses propres horloges cellulaires. Et l’effet de cette horloge interne décrit ici en cas de plaie et que l’on pourrait imaginer comme minime, s’avère confirmé par les taux de cicatrisation (ici au Royaume-Uni) : les données montrent en effet que les personnes qui ont subi des brûlures pendant la journée cicatrisent plus rapidement que les personnes blessées ou brûlées durant la nuit.

 

Les chercheurs du Medical Research Council's Laboratory of Molecular Biology, de l’Addenbrooke's Hospital et de l’Université de Manchester mènent une série d'expériences sur des cellules de la peau, de souris et d'humains. L’équipe regarde, en particulier si l’activité des fibroblastes suit le rythme circadien.  Les fibroblastes en effet participent à la première réponse en cas de plaie en contribuant à réparer les tissus endommagés. Ils mènent une première série d'expériences sur des fibroblastes de souris cultivés en laboratoire et observent des changements dans les cellules sur une période de 24 heures, dont la production de protéines notamment d'une protéine clé appelée actine, lorsque des couches de cellules cutanées sont lésées à différents moments de la journée. Les mêmes expériences sont menées sur des souris modèles de plaies subies également à différents moments de la journée. Enfin, les chercheurs analysent les données de cicatrisation à partir d’une base de données britannique sur les brûlures.

 

Les fibroblastes plus efficaces au moment du pic d’activité : Leurs expériences sur les cellules et les souris modèles suggèrent que les fibroblastes peuvent se déplacer plus rapidement vers le site d'une plaie intervenue pendant la journée :

  • les cellules produisent des protéines en quantités différentes aux différents moments de la journée, en accord avec les rythmes circadiens ;
  • la protéine actine, responsable du mouvement cellulaire, change de forme également selon les rythmes circadiens ;
  • les couches de fibroblastes cicatrisent plus rapidement lorsqu'elles sont lésées au moment de l'activité maximale du cycle circadien ;
  • les fibroblastes se déplacent plus rapidement vers les sites de la plaie pendant le pic d'activité.
  • Les expériences sur les souris confirment ces résultats ;
  • Les données des unités de soin des brûlures, portant sur 118 patients au total, montre que 95% patients brûlés entre 8h et 20h ont un délai de cicatrisation de 17 jours en moyenne, vs 28 jours pour les patients brûlés entre 20h et 8h ;
  • la cicatrisation la plus rapide est celle de plaies intervenues entre 8h et 12h, la plus lente pour les plaies intervenues entre minuit et 4h du matin.

Bien évidemment d’autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour expliquer ces résultats, comme par exemple une plus grande sévérité des plaies subies durant la nuit ou un accès aux soins plus difficile durant la nuit. Cependant, de la cellule aux données épidémiologiques tous les résultats semblent concorder.

 

 

L’idée serait de tirer parti de cet effet « diurne » : les chercheurs concluent que les horloges cellulaires internes affectent l'activité des fibroblastes et de l'actine en cas de plaie. Avec des implications possibles : par exemple, par des crèmes permettant de réinitialiser le rythme circadien au niveau cellulaire, ce qui serait alors bénéfique pour la cicatrisation.

 

« Nous faisons l’hypothèse que la cicatrisation pourrait être favorisée par la réinitialisation pharmacologique des horloges cellulaires locales avant la chirurgie ».

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