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INFECTION des PLAIES : Et si l'on boostait un mécanisme de défense endogène ?

Actualité publiée il y a 8 mois 3 semaines 5 jours
PNAS
Le principe est d’éviter la surutilisation d’antibiotiques pour traiter les plaies infectées.

Le principe est d’éviter la surutilisation d’antibiotiques pour traiter les plaies infectées. Cette équipe de la Charité - Universitätsmedizin Berlin vient de découvrir un nouveau mécanisme de défense des plaies contre les infections bactériennes. Une découverte précieuse alors qu’une inflammation chronique de la plaie entraîne une altération, une chronicité et un retard du processus de cicatrisation avec des conséquences graves pour les patients. Au cœur de ce nouveau mécanisme de défense qui permet à notre peau de tuer activement les bactéries, une molécule messager cellulaire appelée « interleukine 6 ». Son mode d'action pourrait être exploité pour prévenir les infections des plaies, selon ces travaux publiés dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine.

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La colonisation des plaies cutanées par des bactéries ou d'autres pathogènes peut entraîner une inflammation chronique sévère, une septicémie ou une amputation et toujours une douleur et une atteinte à l’intégrité pour les patients. Un traitement rapide est donc essentiel. Cependant, le nombre croissant de bactéries ayant développé une résistance aux antibiotiques limite les options de traitement. L’équipe, dirigée par le Dr Frank Siebenhaar, du Service de dermatologie, de vénéréologie et d'allergologie du Campus Charité exploite un nouveau mécanisme endogène qui pourrait contribuer à prévenir l'infection de la plaie sans recourir aux antibiotiques.

Exploiter la fonction antibactérienne des mastocytes via une molécule messagère impliquée, l'interleukine 6.

Le rôle des mastocytes dans l’infection et la cicatrisation des plaies cutanées : Les chercheurs sont partis de l'hypothèse selon laquelle la défense de l'hôte de la peau contre les pathogènes inclue les « mastocytes », un type de cellule du système immunitaire défensif connu pour jouer un rôle majeur dans les allergies. Les mastocytes sont responsables de la réponse du corps à des substances par ailleurs inoffensives, produisant des symptômes tels qu'un nez qui coule ou des démangeaisons. Cependant, les chercheurs ont suspecté un rôle bien au-delà de cette médiation de réponses immunitaires anormales, en particulier dans cette défense de notre corps contre les agents pathogènes. L’équipe a donc regardé dans quelle mesure les mastocytes pourraient être impliqués dans la réponse de l'hôte de la peau à l'infection d'une plaie bactérienne et dans la cicatrisation de la plaie.

 

L’absence de mastocytes sur la plaie induit une infection galopante : c’est ce que constatent les chercheurs sur un modèle animal : au cinquième jour après l'infection, le nombre total de bactéries présentes dans la plaie est 20 fois plus élevé en l'absence de mastocytes. Le processus de cicatrisation est retardé et la plaie infectée met plusieurs jours de plus pour se refermer. L’effet de destruction des bactéries par les mastocytes s’avère être lié à un produit de la libération de la molécule messagère, l'interleukine 6. Cette molécule stimule les cellules situées dans la couche superficielle de la peau, les incitant à libérer des « peptides antimicrobiens » ou chaînes de protéines qui tuent les bactéries, les virus et les champignons.

 

Le rôle clé des mastocytes dans le mécanisme de défense de la peau contre les bactéries est ainsi démontré. L’auteur principal, le Dr Siebenhaar ajoute : « Cela nous aide à mieux comprendre la fonction des mastocytes dans le corps humain et leur rôle clé, qui dépasse celui d'un simple médiateur de réactions allergiques. Les chercheurs constatent que l'application d'interleukine 6 sur la plaie avant l'infection améliore la défense contre les bactéries. Les chercheurs confirment ce résultat en reproduisant cet effet dans les tissus humains.

 

Eviter les antibiotiques : « Il est théoriquement possible d'utiliser l'application d'interleukine 6 ou de substances ayant un mode d'action similaire pour prévenir les infections des plaies », explique le dermatologue. Dans une prochaine étape, l’équipe va explorer plus avant les fonctions des mastocytes et de l'interleukine 6 chez les patients présentant un problème de cicatrisation chronique des plaies. « Nous entrerons dans les détails dans l'espoir de développer une toute nouvelle méthode de traitement des plaies, sans antibiotiques bien sûr ».

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