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INFORMATION SANTÉ : Quelle qualité des conseils santé sur TikTok ?

Actualité publiée il y a 1 mois 3 semaines 4 jours
Otolaryngology

« The good, the bad and the ugly », c’est ainsi que qualifient ces chercheurs de l'Université de Chicago, la qualité des informations santé délivrées sur TikTok. À l'ère numérique d'aujourd'hui, ces plateformes de médias sociaux font désormais partie de nos sources d'informations santé. De nombreux utilisateurs s’y reportent avant même d’utiliser les moteurs de recherche traditionnels ou de consulter leur médecin. Cette étude, menée précisément sur le thème de la sinusite, et les informations délivrées sur la thématique par TikTok, alerte contre le risque de désinformation, parfois avec de vrais dangers pour la santé.

 

L’auteur principal, le Dr Christopher Roxbury, chirurgien et otorhinolaryngologiste à l’UChicago Medicine fait la part des choses : « il existe des informations santé de haute qualité sur TikTok, mais il peut être très difficile de les distinguer des informations d’influenceurs non compétents qui peuvent réellement être réellement néfastes pour la santé ».

 

L’étude est une analyse systématique des informations de santé sur TikTok avec l’objectif d’identifier la « qualité vidéo » de ces infos, leur degré d’information ou de désinformation et la qualité des sources. Pour limiter la portée de l’étude à une analyse gérable, les chercheurs se sont concentrés sur le problème de santé spécifique de la sinusite et ont effectué leur recherche sur une période de 24 heures afin de limiter les effets de l’algorithme en constante évolution de TikTok. Les vidéos ont été évaluées en fonction de leur degré de compréhension, de fiabilité et d’implications pratiques. Ces évaluations reposaient non seulement sur le jugement des chercheurs médecins, mais aussi sur des outils empiriques validés. Le verdict est sans appel :

 

  • près la moitié (44 %) des vidéos analysées apportent des informations non validées ;
  • il existe une grande proportion de vidéos provenant d’influenceurs non médicaux ;
  • des créateurs de contenu représentant plus de 10.000 abonnés sur le réseau, n’étant ni éditeurs de médecine, ni professionnels de santé représentent près de la moitié de toutes les vidéos publiées ;
  • les vidéos publiées par ces amateurs concernent le plus souvent des « recettes » non validées, voire parfois comiques, plutôt que des conseils médicaux ;
  • les professionnels et les éditeurs de santé produisent majoritairement du contenu santé éducatif et obtiennent des scores plus élevés pour la qualité des vidéos, les informations factuelles et les rapports bénéfice-risque ;
  • l’engagement des utilisateurs est en moyenne plus élevé lorsque les vidéos présentent une information santé de qualité.

 

Les dangers possibles de la désinformation santé : la prolifération de vidéos présentant des données non validées sur des conditions médicales, des traitements ou des mesures préventives peut non seulement semer la confusion, mais également avoir des conséquences néfastes sur la santé. Certains « traitements » promus sur les réseaux sociaux sont véritablement dangereux, soulignent ainsi les auteurs, qui dénoncent aussi un autre effet plus subtil : les utilisateurs pourraient se tourner vers des conseils et des traitements alternatifs non validés, plutôt que de consulter un professionnel de santé. A terme, cela pourrait « éroder » la confiance des patients en leur médecin….

 

« J'ai fréquemment des patients à la clinique qui me posent des questions sur des infos vues en ligne ou sur les réseaux sociaux, et j'ai souvent constaté que ces informations orientent les patients dans la mauvaise direction. Dans certains cas, mes patients ont déjà suivi un traitement sans bénéfice ; dans des cas plus rares, ils en ont subi les effets indésirables… ».

 

Un exemple sur la sinusite ! Une vidéo recommande de se mettre des gousses d'ail entières dans le nez pour soulager la congestion.

 

Cette première analyse souligne l’importance d’évaluer de manière critique les informations de santé proposées en ligne, de croiser ces informations avec des sources fiables et de consulter les professionnels de santé pour les vérifier.