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INSUFFISANCE RÉNALE : Vers un rein bioartificiel

Actualité publiée il y a 9 mois 1 heure 4 min
Nature Communications
Les cellules rénales, hébergées dans un dispositif implantable appelé bioréacteur, peuvent survivre à l’intérieur du corps et reproduire plusieurs fonctions rénales (Visuel Adobe Stock 586776962)

Cette équipe de l’Université de Californie San Francisco (UCSF) travaille sur une nouvelle approche du traitement de l'insuffisance rénale qui pourrait un jour libérer les patients de la dialyse ou de la prise de médicaments immunosuppresseurs agressifs après une greffe de rein. De quoi s’agit-il ? Les cellules rénales, hébergées dans un dispositif implantable appelé bioréacteur, peuvent survivre à l’intérieur du corps et reproduire plusieurs fonctions rénales. Ainsi ce rein bioartificiel conçu pour fonctionner silencieusement en arrière-plan et sans déclencher l’attaque du système immunitaire, permettrait d’assurer toutes les fonctions clés du rein, un peu comme un stimulateur cardiaque.

 

Ces travaux, publiés dans la revue Nature Communications qui sont réalisés dans le cadre du Kidney Project, pourraient changer la vie des plus de 800 millions de personnes dans le monde qui souffrent d’insuffisance rénale. À terme, les scientifiques prévoient de « remplir » le bioréacteur avec différents types de cellules rénales remplissant différentes fonctions vitales telles que l’équilibre des fluides corporels et la libération d’hormones nécessaires à réguler la pression artérielle et d’associer ce bioréacteur à un appareil qui filtre les déchets du sang.

Construire un dispositif pour pallier à la pénurie du don de reins

La dialyse permet de maintenir les personnes en vie après une défaillance rénale, mais n’est qu’un piètre substitut à un véritable organe fonctionnel et obère considérablement la qualité de vie. De nombreux patients sont éligibles et candidats à la greffe de rein, mais il y a pénurie de donneurs.

Un rein artificiel implantable serait une aubaine

 

« Nous cherchons à reproduire en toute sécurité les fonctions rénales clés », résume l’un des auteurs principaux, le Dr Roy, professeur de bio-ingénierie à l'École de pharmacie de l'UCSF. « Ce rein bioartificiel va permettre un traitement des maladies rénales plus efficace, beaucoup plus tolérable et confortable ».

 

Ces travaux, qui constituent une première étape dans le Kidney Project prouvent qu’un tel bioréacteur permet de maintenir les cellules rénales en vie pendant au moins une semaine. Le bioréacteur a été conçu pour se connecter directement aux vaisseaux sanguins et aux veines, permettant ainsi le passage des nutriments et de l'oxygène, un peu comme le ferait un rein transplanté. Les membranes de silicium protègent les cellules rénales à l’intérieur du bioréacteur des attaques des cellules immunitaires du receveur. Le test « de survie cellulaire » a utilisé un type de cellule rénale, des cellules tubulaires proximales, dont la principale fonction est de réguler l’eau.

 

Une première preuve de concept chez l’animal : l'équipe a suivi les cellules rénales et les animaux receveurs pendant 7 jours après la transplantation du rein bioartificiel et constate des comportements positifs. Le maintien du dispositif ne nécessite notamment pas d’immunosuppresseurs. Les résultats sont suffisamment concluants pour envisager d’autres études précliniques puis des essais cliniques (chez l’Homme).

 

« Nous n'avons constaté aucune complication et pouvons désormais itérer le processus sur de multiples fonctions rénales à leur échelle chez l’Homme ».