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Le THYMUS, la clé d’une grossesse réussie

Actualité publiée il y a 1 mois 4 semaines 2 heures
Nature
Le thymus produit en effet, sous l’impulsion des hormones sexuelles féminines, des cellules spécialisées appelées « Treg » (ou lymphocytes T régulateurs) qui contribuent à faire face aux changements physiologiques survenant pendant la grossesse (Visuel IMBA/Kulcsar)

Cette équipe de l’Institute of Molecular Biotechnology of the Austrian Academy of Sciences (IMBA) décrypte, pour la première fois, le rôle clé du thymus pour une grossesse en bonne santé. Cet organe lymphoïde épithélial, un organe central du système immunitaire, produit en effet, sous l’impulsion des hormones sexuelles féminines, des cellules spécialisées appelées « Treg » (ou lymphocytes T régulateurs) qui contribuent à faire face aux changements physiologiques survenant pendant la grossesse. Ces travaux, présentés dans la revue Nature, révèlent également que RANK, un récepteur exprimé dans une partie du thymus, est la molécule clé qui permet ce mécanisme protecteur.

 

Le consortium international comprenant des scientifiques de l'IMBA, de l'Université de la Colombie-Britannique, du Karolinska Institutet et de l'Université médicale de Vienne révèle ainsi que non seulement le thymus adapte le système immunitaire de la mère afin de ne pas rejeter le fœtus, mais contrôle également la santé métabolique de la mère durant sa grossesse.

Une toute nouvelle vision du thymus en tant qu'organe actif et nécessaire à la grossesse

L’équipe a regardé ce qui se passait chez la privée du récepteur RANK dans le thymus. « L'absence de RANK a empêché la production de cellules Treg dans le thymus pendant la grossesse. Cela a entraîné une diminution du nombre de Treg dans le placenta et des taux élevés de fausses couches », explique Magdalena Paolino, co-auteur de l’étude et responsable de laboratoire au Karolinska Institutet. L’auteur principal, le Dr Josef Penninger, qui a dirigé l’équipe à l’IMBA précise : « Nous savions que RANK s'exprimait dans le thymus, mais son rôle dans la grossesse était jusque-là inconnu ».

 

De nouvelles connaissances moléculaires sur le développement du diabète gestationnel : le diabète gestationnel touche environ 15% des femmes enceintes dans le monde, avec des effets sévères possibles chez la mère (prise de poids excessive) et chez l’enfant (poids de naissance excessif, risque de prématurité et de mortinaissance…).

  • En cas de grossesse normale, les cellules Tregs migrent vers le tissu adipeux de la mère pour prévenir l'inflammation et aider à contrôler les niveaux de glucose dans le corps.
  • En cas de carence en Treg pendant la grossesse : ici, les souris gravides privées de RANK, présentent des taux sanguins élevés de glucose et d’insuline et de nombreux autres indicateurs de diabète gestationnel. Les nouveau-nés naissent beaucoup plus lourds que la moyenne.
  • des effets transgénérationnels durables sur la progéniture sont également constatés : la progéniture de ces souris reste vulnérable au diabète et au surpoids tout au long de sa vie.
  • En revanche, l'administration de Treg dérivés de thymus de grossesses normales, aux souris déficientes en RANK, permet d’inverser tous les problèmes de santé des souris, y compris les fausses couches et les taux de glucose maternels, ainsi que l’excès de poids corporel chez leur progéniture.

 

Les femmes atteintes de diabète gestationnel ont aussi un nombre réduit de Treg : c’est ce qu’observe l’équipe dans le placenta de femmes enceintes, avec donc de nouvelles cibles thérapeutiques prometteuses pour la mère et le fœtus.

 

On retiendra donc que le thymus s’adapte « massivement » pendant la grossesse et contribue à une grossesse saine. Les hormones de grossesse permettent cette adaptation du le thymus via RANK. Le thymus modifie non seulement le système immunitaire de la mère afin de ne pas rejeter le fœtus, mais contrôle également la santé métabolique de la mère.

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