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Les réponses glycémiques aux différents aliments prédisent le MÉTABOLISME

Actualité publiée il y a 1 année 1 semaine 2 jours
Nature Medicine
La réponse glycémique à divers glucides peut révéler des sous-types de santé métabolique (Visuel Adobe stock 644337034)

Cette étude, menée par une équipe de médecins de l’Université Stanford, révèle que la réponse glycémique à différents glucides peut révéler des sous-types de santé métabolique. Ainsi, la réponse glycémique de participants à des aliments tels que le raisin ou la pomme de terre varie en fonction de leur profil/trouble métabolique. Ces nouvelles données, publiées dans la revue Nature Medicine, pourraient permettre aux nutritionnistes de mieux dépister, chez leurs patients, des pathologies métaboliques spécifiques, telles que la résistance à l'insuline ou le dysfonctionnement des cellules bêta, 2 conditions pouvant conduire au diabète.

 

Les différences de réponse glycémique entre les individus pourraient conduire à des stratégies de prévention et de traitement personnalisées du prédiabète et du diabète, relève l’un des auteurs principaux, Michael Snyder, professeur de génétique à Stanford : « À l'heure actuelle, les recommandations des sociétés savantes, dont l'American Diabetes Association (ADA) ne sont pas très efficaces, car elles ne font pas de distinction entre ces troubles métaboliques, précurseurs de prédiabète et de diabète ».

Savoir quels aliments consommer ou pas- en fonction de son métabolisme

Les réponses glycémiques apportent ainsi un aperçu de la santé métabolique précieux, ainsi que des indices sur les différentes voies menant au diabète, actuellement diagnostiquées sur la base d'un marqueur unique : une glycémie élevée ou hyperglycémie.

 

Les cellules bêta du pancréas produisent l'insuline, une hormone qui est ensuite distribuée aux cellules de l'organisme pour aider à convertir le glucose (ou sucre) présent dans le sang en énergie. Un dysfonctionnement des cellules bêta survient lorsque le pancréas ne produit pas ou ne libère pas suffisamment d'insuline, et une résistance à l'insuline survient lorsque les cellules de l'organisme ne répondent pas suffisamment à l'insuline.

 

Le dysfonctionnement des cellules bêta et la résistance à l'insuline peuvent contribuer à l'hyperglycémie, caractéristique du prédiabète et du diabète de type 2.

 

L'étude est menée auprès de 55 participants exempts d’antécédents de diabète de type 2, ayant subi des tests pour détecter une résistance à l'insuline et un dysfonctionnement des cellules bêta, et pour effectuer un profilage multiomique, comprenant des analyses des taux de triglycérides, des métabolites plasmatiques, des mesures de la fonction hépatique et des données sur le microbiome intestinal. Un peu moins de la moitié des participants, soit 26 au total, étaient prédiabétiques- ce qui est en ligne avec la prévalence du prédiabète en population générale. Les participants ont été équipés de glucomètres en continu et consommaient des portions identiques de glucides différents, livrés à domicile.

7 aliments ont été testés :

  1. du riz au jasmin ;
  2. du pain au babeurre ;
  3. des pommes de terre ;
  4. des pâtes ;
  5. des haricots noirs en conserve ;
  6. des raisins ;
  7. un mélange de baies.

Les participants consommaient ces aliments le matin, après un jeûne de 10 à 12 heures et leur réponse glycémique était suivie durant les 3 heures suivant le repas. Ces expériences montrent que :

 

  • de nombreux participants présentent un pic de glycémie après avoir consommé du riz ou des raisins, quel que soit leur état métabolique ;
  • la réponse glycémique aux aliments contenant les plus fortes quantités d’amidon résistant – pommes de terre et pâtes – varie en fonction du profil métabolique des participants ;
  • les pics de glycémie les plus élevés après la consommation de pâtes sont observés chez les participants présentant une insulinorésistance ;
  • les pics les plus élevés après la consommation de pommes de terre sont observés chez les participants présentant une insulinorésistance ou un dysfonctionnement des cellules bêta ;
  • le profilage multiomique révèle que les participants ayant consommé des pommes de terre et présentant également des taux élevés de triglycérides, d'acides gras et d'autres métabolites, présentaient une résistance à l'insuline ;
  • les pics de glycémie observés avec les haricots étaient associés à l'histidine et au métabolisme cétogène, un état dans lequel l'organisme utilise principalement les graisses comme source d'énergie ;
  • les participants dont la glycémie augmente après avoir mangé du pain sont plus susceptibles de souffrir d'hypertension ;
  • tous les participants ont connu des pics plus ou moins importants après avoir consommé du raisin, cependant, la comparaison des réponses glycémiques aux pommes de terre et au raisin permet de détecter une résistance à l'insuline.

« Un tel biomarqueur serait utile, car à l'heure actuelle, il n'existe pas de moyen simple de diagnostiquer l’insulinorésistance en clinique ».

Des protéines pour prévenir les pics de glycémie ? La consommation de fibres ou de protéines avant le riz réduit le pic de glycémie, tandis que la consommation de lipides avant le riz retarde le pic de glycémie. Cependant, ces modifications de la réponse glycémique ne sont observées que chez les participants en bonne santé métabolique, sensibles à l'insuline et dont les cellules bêta fonctionnent normalement. Bien que la consommation de lipides, de protéines ou de fibres avant les glucides ait eu un impact minimal sur la réponse glycémique chez les participants présentant une résistance à l'insuline ou un dysfonctionnement des cellules bêta, ce type d'atténuation mérite d'être étudié plus en détail.

« Consommer des glucides plus tard dans le repas reste une bonne idée,

même si la question de savoir s'il est préférable de consommer des protéines, des lipides ou des fibres avant les glucides n’est pas encore tranchée ».

 

En synthèse, la mesure de ces réponses glycémiques à la consommation de certains aliments peut être riche d’enseignement sur la santé métabolique et guider ensuite les choix alimentaires.

 

Ensuite l’ordre de consommation des différents nutriments a aussi toute son importance dans le contrôle de la glycémie.

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