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MALADIE RESPIRATOIRE : Infection à l’enfance et risque de décès de cause respiratoire à l’âge adulte

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 1 semaine
The Lancet
Contracter une infection respiratoire dans la petite enfance est associé à un risque plus élevé de mourir d'une maladie respiratoire à l'âge adulte (Visuel Adobe Stock 318611562)

Contracter une infection respiratoire dans la petite enfance est associé à un risque plus élevé de mourir d'une maladie respiratoire à l'âge adulte, révèle cette étude menée à l’Imperial College London. Ainsi, les enfants ayant développé une la bronchite ou une pneumonie, à l'âge de 2 ans sont presque 2 fois plus susceptibles de décès prématuré de cause respiratoire à l'âge adulte, indépendamment de leurs facteurs socio-économiques et de leur statut tabagique.

 

Les maladies respiratoires chroniques constituent un fardeau majeur de santé publique, avec près de 4 millions de décès chaque année dans le monde, soit 7 % de tous les décès. La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) est responsable de la plupart de ces décès. Au Royaume-Uni, lieu de l’étude, les infections respiratoires graves à la petite enfance seraient associées à 180.000 décès supplémentaires, durant ces 50 dernières années.  

 

Par ailleurs, il a déjà été suggéré que les infections respiratoires infantiles sont prédictives d’un risque accru de troubles de la fonction pulmonaire chez l'adulte, d’asthme et de MPOC, cependant, jusqu’à cette étude, on ignorait le lien entre ces infections à la petite enfance et ce type de décès à l’âge adulte. Cette recherche est donc la première à démontrer qu’une santé respiratoire précoce a un impact sur la mortalité plus tard dans la vie.

Les infection à l'enfance sont corrélées à 20 % des décès prématurés de causes respiratoires

L’étude a suivi 3.589 participants de la National Survey of Health and Development, une cohorte débutée en 1946 et dont les participants étaient âgés de plus de 73 ans au moment de l’analyse. L’analyse révèle en effet que :

 

  • parmi les participants à l'étude, 25 % ont eu une infection respiratoire avant l'âge de 2 ans ;
  • fin 2019, 19 % des participants étaient décédés avant l'âge de 73 ans ;
  • parmi ces 674 décès d'adultes, 8 % ont été identifiés de cause respiratoire, principalement la MPOC ;
  • un taux de 2,1 % de décès prématuré de cause respiratoire est relevé chez ceux qui ont eu une infection respiratoire sévère dans la petite enfance, vs 1,1 % chez ceux qui n’en n’ont pas eu, avant l'âge de 2 ans ;
  • les infections respiratoires contractées pendant la petite enfance sont ainsi associées à un risque accru de décès par maladie respiratoire entre 26 et 73 ans ;
  • les participants qui ont eu une infection respiratoire comme la bronchite ou la pneumonie, à l'âge de 2 ans sont jusqu’à 93 % plus susceptibles de mourir prématurément de maladie respiratoire à l'âge adulte ;
  • ce résultat vaut toujours, quel que soit le milieu socio-économique ou le statut tabagique ;
  • ce facteur d’infection respiratoire à la petite enfance est associé à 1 décès prématuré sur 5 de cause respiratoire ;
  • en revanche aucune corrélation n’est retrouvée avec des décès d’autres causes.

 

Optimiser la santé pulmonaire et respiratoire des enfants : ces conclusions remettent en question l'idée fausse selon laquelle la mortalité adulte due aux maladies respiratoires principalement liée qu'au tabagisme et soulignent la nécessité de mettre en œuvre des interventions très précoces permettant de prévenir les infections respiratoires chez le petit enfant. En effet, les mesures de prévention actuelles des maladies respiratoires chez l'adulte se concentrent principalement sur les facteurs de risque liés au mode de vie et principalement sur le tabagisme.

 

Corréler 1 décès respiratoire sur 5 aux antécédents d’infections respiratoires survenus plusieurs décennies plus tôt et dans l'enfance, incite à cibler le risque bien avant l'âge adulte.

 

« Nous espérons que ces données contribueront à guider les stratégies de santé publique », conclut l’un des auteurs principaux, le Dr Rebecca Hardy, professeur à l'Université de Loughborough et à l'University College de Londres.


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