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MALADIES DU FOIE EN EUROPE : Elles touchent 1 Européen sur 3

Actualité publiée il y a 2 jours 3 heures 37 min
The Lancet Regional Health – Europe
L'Europe fait face à une crise sans précédent de maladies chroniques du foie largement évitable et sous-diagnostiquée (Visuel Adobe Stock 79433378)

L'Europe fait face à une crise sans précédent de maladies chroniques du foie largement évitable et sous-diagnostiquée, avec 1 personne sur 3 dans l'UE et au Royaume-Uni porteuse d'une stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique et près de 300.000 décès prématurés liés au foie chaque année dont 40 % attribuables à l'alcool. C’est le signal d’alarme lancé par ce bilan coordonné au Barcelona Institute for Global Health (ISGlobal, Espagne) réalisé par pas moins de 75 chercheurs de 30 pays. De nouvelles données, publiées dans le Lancet Regional Health, qui appellent à intégrer de toute urgence la santé hépatique dans les politiques de santé publique.

 

Les maladies chroniques du foie ou maladies chroniques hépatiques représentent la 2e cause de perte d'années de vie active en Europe, derrière les seules cardiopathies ischémiques. Pourtant, ces maladies restent largement sous le radar des agendas de santé publique, perçues comme une spécialité médicale plutôt que comme un enjeu collectif.

La stéatose hépatique métabolique (MASLD), autrefois appelée NAFLD, est devenue le premier précurseur du cancer du foie en Europe, alimentée par l'épidémie d'obésité et de diabète de type 2.

L'Europe détient par ailleurs les taux de consommation d'alcool par habitant les plus élevés au monde, les prévalences les plus fortes de consommation épisodique excessive ou alcoolodépendance, et les taux d'abstinence les plus faibles…

 

La combinaison de ces facteurs, auxquels s'ajoutent les hépatites virales B et C responsables de plus de 85 % des 57.000 décès annuels liés au VIH, à la tuberculose et aux hépatites dans l'UE/EEE, crée un fardeau massif et largement évitable, qui frappe de façon disproportionnée les groupes de population les plus défavorisés.

 

L'un des auteurs principaux, le Pr Jeffrey V. Lazarus, du Public Health Liver Group, ISGlobal, déclare :« L'Europe n'a pas besoin d'une autre mise en garde sur l'aggravation des maladies du foie. Elle a besoin d'une façon différente d'y répondre. Quand nous parlons d'aliments ultra-transformés, de boissons alcoolisées et de régimes globalement malsains, nous parlons essentiellement du risque de maladie hépatique. Il est absurde que les gens soient évalués pour leur tension artérielle, leur cholestérol et leur poids, mais pas pour la fibrose hépatique. »

1 Européen sur 3 estimé porteur de MASLD

L'étude est constituée d’une série de 4 articles complémentaires publiés simultanément, qui examinent la maladie chronique du foie sous 4 angles :

 

  1. modèles de détection et de soins,
  2. préparation aux politiques de santé contre la MASLD,
  3. maladie hépatique liée à l'alcool,
  4. progrès vers l'élimination des hépatites virales.

 

L'analyse révèle que :

 

  • 1 personne sur 3 dans l'UE et au Royaume-Uni est estimée porteuse de MASLD, désormais premier précurseur du cancer du foie en Europe ;
  • l'alcool cause environ 40 % des 287.000 décès hépatiques prématurés annuels en Europe, un chiffre probablement sous-estimé ;
  • les maladies du foie constituent la 2e cause de perte d'années de vie active en Europe, derrière les cardiopathies ischémiques ;
  • les hépatites B et C représentent plus de 85 % des 57.000 décès annuels liés au VIH, à la tuberculose et aux hépatites virales dans l'UE/EEE ;
  • les décès par maladie hépatique alcoolique et par hépatites virales non détectées surviennent souvent des décennies plus tôt que la plupart des autres maladies chroniques ;
  • enfin, des millions de personnes restent non diagnostiquées,

  • et une détection précoce via les soins primaires et les évaluations non invasives de fibrose hépatique automatisées pourrait prévenir la progression vers la cirrhose, le cancer du foie et la mort prématurée.

 

Quelles implications ? Les chercheurs formulent 6 recommandations clés :

 

  1. intégrer la santé hépatique dans les stratégies de prévention des maladies non transmissibles et du cancer ;
  2. aligner les réponses aux maladies du foie avec les politiques sur le diabète, l'obésité, l'alcool, les maladies cardiovasculaires, l'activité physique et la nutrition ;
  3. renforcer la surveillance et la détection précoce ;
  4. améliorer l'accès aux traitements et aux services de réduction et de prévention des risques ;
  5. mettre en œuvre des politiques anti-alcool plus rigoureuses
  6. et lutter contre la stigmatisation des patients.

 

Ces données plaident ainsi pour un changement de paradigme : sortir les maladies du foie du seul champ de l'hépatologie pour les ancrer dans la santé publique.

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