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MÉDITATION ou comment le cerveau s’affranchit de la douleur

Actualité publiée il y a 1 année 11 mois 5 jours
Pain
La méditation en pleine conscience réduit la douleur, mais comment ?  (Visuel Fotolia)

La méditation en pleine conscience permet de réduire la douleur, mais comment ? Cette équipe de neuroscientifiques de l’Université de Californie à San Diego décrypte ce mécanisme analgésique. La méditation interrompt la communication entre les zones cérébrales impliquées dans la sensation de douleur, et les zones « de conscience de soi » et en quelque sorte, sépare la douleur « du soi ». Ce mécanisme, décrit dans la revue Pain, explique pour la première fois, le constat renouvelé par de précédentes études d’observation de cet effet bénéfique de la méditation.

 

Car depuis des siècles, la méditation en pleine conscience est utilisée pour soulager la douleur, mais sans que les neuroscientifiques aient parfaitement compris les processus sous-jacents. Dirigée par le Dr Fadel Zeidan, professeur agrégé d'anesthésiologie à l'UC San Diego School of Medicine, cette recherche se concentre sur les effets de la pleine conscience sur l'activité cérébrale et sur la perception de la douleur.

La méditation en pleine conscience interrompt certains circuits cérébraux

Précisément, la médication inhibe la communication entre les zones cérébrales impliquées dans la sensation de douleur et celles qui apportent la conscience de soi. La douleur est en quelque sorte détachée de l’hôte. Les signaux de douleur se déplacent toujours du corps vers le cerveau, mais le sujet n’est plus tout à fait l’hôte de cette douleur, et sa souffrance s’en trouve réduite.

« Vous n'êtes pas ce que vous éprouvez »

 est l’un des principes de la méditation, rappelle l'auteur : « Vous vous entraînez justement à développer des pensées et éprouvez des sensations sans y attacher votre ego ou votre conscience de soi et ce même détachement permet d’alléger l'expérience de la douleur aiguë ».

 

L’étude est menée auprès de 40 participants sous imagerie cérébrale, alors qu'une chaleur douloureuse est appliquée sur leur jambe. Les participants ont été invités à évaluer leur niveau de douleur, sous l’effet de ces stimuli thermiques. Les participants ont ensuite été répartis en 2 groupes, dont le groupe d’intervention avec 4 séances de méditation de 20 minutes. Le groupe témoin a été invité à écouter un livre audio durant ses 4 séances. A l’issue du programme, l'activité cérébrale des 2 groupes a été à nouveau évaluée, les participants devant méditer au cours de l’application des stimuli thermiques. L’expérience révèle que :

 

  • la méditation apporte une réduction de 32 % de l'intensité et de 33 % du désagrément de la douleur ;
  • il n’est pas nécessaire d’être expert en méditation pour bénéficier de ces effets analgésiques ;
  • le soulagement de la douleur induit par la pleine conscience s’avère associé à une synchronisation réduite entre le thalamus (une zone du cerveau qui relaie les informations sensorielles entrantes au reste du cerveau) et certaines zones du réseau du mode par défaut (un ensemble de zones cérébrales plus actives lorsqu'une personne traite ses propres pensées et sentiments, indépendamment du monde extérieur).

 

Séparer l’expérience de la douleur de la conscience de soi : l'une de ces zones du mode par défaut est le précuneus, une zone impliquée dans la conscience de soi et l'une des premières régions à se déconnecter lorsqu'une personne perd connaissance. Un autre est le cortex préfrontal ventromédian, impliqué dans le vécu de l’expérience.

Plus ces zones sont découplées par la méditation et plus la douleur est réduite.

Une option accessible et non pharmacologique contre la douleur : la méditation est confirmée comme une option prometteuse et accessible pour de nombreuses personnes souffrant de douleur chronique, « en particulier celles qui « dramatisent » mentalement la souffrance et la frustration qui l'accompagnent : chez ces personnes, la devient une partie de qui ils sont en tant qu'individus, ils ne peuvent pas lui échapper et leur souffrance est exacerbée ».

 

« Nous identifions ici un nouveau mécanisme de lutte contre la douleur dans lequel le réseau du mode par défaut joue un rôle essentiel dans la production de l’analgésie. Explorer la neurobiologie de la pleine conscience permettra de mieux exploiter son potentiel clinique contre de nombreux symptômes ».


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