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MICI : Des billes de charbon pour restaurer un microbiome intestinal sain

Actualité publiée il y a 1 mois 5 jours 8 heures
GUT
Dans le monde, on estime qu’environ 100 millions de personnes souffrent de cirrhose du foie et 10 millions de cirrhose avec au moins une comorbidité (Visuel Adobe Stock 513160500)

Cette équipe de gastro-entérologues d’une « spin-out » de l’University College London vient de développer des billes de carbone qui permettent, en cas de maladies du foie, de restaurer un microbiome intestinal sain. Nommées « Carbalive », ces billes de carbone innovantes, documentées dans la revue Gut, réduisent les mauvaises bactéries et l'inflammation, et freinent ainsi le développement de la cirrhose du foie et d'autres problèmes de santé intestinale graves.

 

Dans le monde, on estime qu’environ 100 millions de personnes souffrent de cirrhose du foie et 10 millions de cirrhose avec au moins une comorbidité. L’un des auteurs principaux, le Dr Rajiv Jalan, professeur de santé hépatique et digestive de l’UCL rappelle « les nombreuses études qui « apprécient » aujourd’hui l’influence considérable du microbiome intestinal sur la santé. Ainsi, lorsque cet équilibre est perturbé, les « mauvaises » bactéries peuvent proliférer et prendre le dessus sur les « bonnes » bactéries qui maintiennent l’intestin en bonne santé :

 

les mauvaises bactéries excrètent des endotoxines, des métabolites toxiques et des cytokines qui transforment l’environnement intestinal et le rendent hostile aux bonnes bactéries. Ces substances peuvent aussi déclencher une inflammation intestinale et augmenter les fuites de la paroi intestinale (perméabilité), entraînant des dommages à d'autres organes tels que le foie, les reins et le cerveau. Il est bien connu que dans la cirrhose, l’inflammation provoquée par les endotoxines exacerbe les lésions hépatiques. Les antibiotiques sont alors prescrits pour contrôler les mauvaises bactéries mais leur usage trop systématique comporte un risque de résistance aux antibiotiques.

 

Ainsi, ces nouvelles petites billes vont protéger la santé intestinale, hépatique et rénale, mais aussi, compte-tenu des connexions déjà documentées -comme l’axe intestin-cerveau- la santé cérébrale. Cette première démonstration est effectuée chez des souris, chez qui ces « suppléments » se révèlent également sans danger.

 

L’étude évalue les effets de ces minuscules billes de carbone orales, connues sous le nom de « Carbalive » et conçues pour adsorber les petites et grandes molécules toxiques dans l’intestin, sur la fonction hépatique, rénale et cérébrale de souris modèles de maladies intestinales (MICI) et hépatiques. L’expérience montre qu’ingérées quotidiennement pendant plusieurs semaines, les billes sont :

 

  • efficaces à prévenir la progression des cicatrices (fibrose)
  • et des lésions hépatiques chez les animaux modèles de cirrhose ;

  • efficaces à réduire la mortalité chez les animaux modèles d'insuffisance hépatique aiguë ou chronique.

 

Testées auprès d’un petit groupe de 28 patients atteints de cirrhose, ces petites billes Carbalive se révèlent sûres et n’entraînent que des effets secondaires négligeables. Mais il s’agit maintenant de valider plus avant chez l’Hommes, ces avantages observés chez les modèles animaux, cependant ces billes de carbone, qui sont avalées et traversent le corps sans altération, plus petites qu'un grain de sel, et qui agissent en absorbant les endotoxines et autres métabolites produits par les « mauvaises » bactéries dans l’intestin, « ne peuvent être que » bénéfiques.

 

« Les résultats sur les modèles animaux sont très positifs, avec une réduction de la perméabilité intestinale, des lésions hépatiques, ainsi que des dysfonctionnements cérébraux et rénaux », résument les chercheurs qui démarrent d’autres essais chez l’Homme.

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