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MUCOVISCIDOSE : Les promesses de la thérapie antisens

Actualité publiée il y a 2 mois 15 heures 12 min
Nature Communications
L'étude confirme l’efficacité des oligonucléotides antisens (ASO), des molécules qui permettent de contrôler les niveaux de protéines dans les cellules dans le traitement de la mucoviscidose (Visuel Adobe Stock 334242430)

Ces bioingénieurs et pharmacologues du Cold Spring Harbor Laboratory (Long Island) confirment l’efficacité de la nouvelle approche thérapeutique, par oligonucléotides antisens (ASO), des molécules qui permettent de contrôler les niveaux de protéines dans les cellules. Déjà approuvée pour le traitement d’autres pathologies dont l'amyotrophie spinale, ces molécules révèlent ici tout leur potentiel pour lutter contre la mucoviscidose.

 

L’équipe dirigée par Adrian Krainer, professeur du laboratoire du Cold Spring Harbor, est déjà à l’origine du premier médicament antisens, Spinraza®, approuvé par l’Agence américaine FDA -et dans de nombreux pays- pour le traitement de l'amyotrophie spinale. Ce médicament a aidé plus de 11.000 patients à produire davantage d'une protéine dont certains neurones de la colonne vertébrale ont besoin, soulignent les auteurs.

Le potentiel de la thérapie antisens dans le traitement de nombreux autres troubles

L’équipe s’est ici concentrée sur la mucoviscidose (ou fibrose kystique) une maladie dans laquelle les patients ne produisent pas suffisamment d'une protéine appelée CFTR (pour Cystic Fibrosis Transmembrane conductance Regulator). L’équipe a découvert comment utiliser les ASO pour créer une version fonctionnelle de CFTR offrant ainsi une nouvelle approche thérapeutique qui pourrait permettre de réduire les symptômes de la mucoviscidose et d’améliorer la qualité de vie des patients.

 

La protéine CFTR imparfaite est le résultat d'une mutation génétique : les cellules reçoivent alors de mauvaises instructions pour fabriquer la protéine. Ces instructions erronées sont éliminées et la protéine n'est finalement pas fabriquée. Les ASO développés incitent les cellules à suivre les instructions erronées et à fabriquer tout de même la protéine CFTR imparfaite. Cette version imparfaite de la protéine est en effet préférable à l’absence totale de protéine CFTR. En effet, la nouvelle thérapie par ASO permet de rétablir une partie de la fonction des cellules pulmonaires et de réduire les symptômes chez les patients atteints de mucoviscidose.

 

Le potentiel de la technologie ASO est vaste, soulignent les scientifiques. D’autant qu’elle peut permettre d'adapter les thérapies existantes aux mutations génétiques uniques de chaque individu.

Les ASO pourraient devenir la clé des médicaments personnalisés.