NIPAH : L’espoir d’un nouveau vaccin
Cette étude d’une équipe d’immunologues et de biologistes du Pirbright Institute (Angleterre) suscite l'espoir d'un vaccin contre le virus Nipah mortel, à ce stade démontré comme efficace chez l’animal. Ces travaux, publiés dans la revue npj Vaccines témoignent d’une avancée décisive dans la lutte contre ce virus potentiellement pandémique et appellent à une approche « One Health » qui englobe la santé humaine, animale et environnementale.
Des scientifiques de l'Institut Pirbright franchissent ici une étape majeure dans la lutte contre l'un des virus les plus dangereux au monde, le virus Nipah, en évaluant des vaccins candidats pour les porcs.
De récentes études ont alerté sur l’émergence des virus du genre Henipavirus dont font partie également les virus mortels Nipah et Hendra. Des virus qui entraînent de la fièvre, des symptômes respiratoires sévères et peuvent provoquer le décès. De plus, ces virus sont zoonotiques, ce qui signifie qu'il peut être transmis de l'animal à l'homme.
Le virus Nipah, en cause dans cette étude, a été identifié pour la première fois lors d'une épidémie majeure en 1998-1999 en Malaisie, qui a entraîné l'abattage de près de la moitié de la population porcine du pays. Depuis, le virus a provoqué des épidémies en Asie du Sud et du Sud-Est, notamment au Bangladesh et en Inde, où la transmission interhumaine et la consommation d'aliments contaminés ont entraîné des taux de mortalité élevés. Le virus est aujourd’hui désigné comme une maladie prioritaire par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et comme un agent pathogène prioritaire par l'Agence britannique de sécurité sanitaire.
Les personnes infectées peuvent développer une encéphalite (gonflement du cerveau) ainsi que des problèmes respiratoires. La maladie débute souvent par des symptômes pseudo-grippaux, mais peut rapidement évoluer vers le coma et la mort.
Il n'existe actuellement aucun vaccin ni traitement homologué
L’étude teste 3 vaccins expérimentaux contre le virus Nipah chez le porc. Le principe de ces candidats vaccins est de cibler et neutraliser l'une des principales voies de transmission virale. Ces candidats utilisent différentes protéines de surface virales. L'équipe a évalué l'immunogénicité (la capacité du vaccin à déclencher une réponse immunitaire) chez la souris et le porc, ainsi que son potentiel à protéger les porcs contre le virus Nipah. Ces études précliniques constatent que :
- les 3 candidats vaccins protègent efficacement les modèles contre l'infection ;
- en dépit d’une variabilité de la réponse immunitaire, tous les candidats donnent des résultats satisfaisants, permettant une immunité chez les animaux vaccinés en conditions réelles.
L’un des auteurs principaux, le professeur Simon Graham, chef du Département d’Immunologie à l'Institut Pirbright, précise : « Parvenir à prévenir les épidémies de virus Nipah chez ces animaux est une première étape réussie vers la réduction et la prévention des infections humaines, vers une meilleure santé publique et une sécurité alimentaire améliorée ».
La recherche se poursuit sur le développement d'un double vaccin qui pourrait protéger les porcs contre le virus Nipah et une autre maladie porcine courante, avec des avantages pour les éleveurs, et, encore une fois, des avantages pour la sécurité alimentaire.
Enfin, ces travaux s’inscrivent dans une nouvelle approche,
« One Health »
qui concilie la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes.
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