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NUTRITION : La taurine repousse les infections bactériennes

Actualité publiée il y a 7 mois 3 semaines 4 jours
Cell
Les scientifiques espèrent trouver, avec l’étude du microbiote, des traitements naturels qui permettraient dans certains cas de remplacer les antibiotiques (Visuel Adobe Stock 332633572)

Ces scientifiques des National Institutes of Health (NIH) identifient le rôle précieux d’un nutriment : la taurine, déjà connue pour ses effets favorables à la digestion et énergisants, semble également prévenir avec efficacité les infections bactériennes. Ces travaux, présentés dans la revue Cell, constituent une étape prometteuse dans la recherche d'alternatives aux antibiotiques.

 

Cette équipe s’est spécialisée dans l’étude des défenses naturelles du corps contre les infections bactériennes. Parmi les acteurs majeurs de la réponse aux infections bactériennes, le microbiote constitué lui-même de milliards de bactéries bénéfiques vivant harmonieusement dans l’intestin - peut jouer ce rôle, mais les mécanismes de cette protection restent mal compris. Cependant, les scientifiques espèrent trouver, avec l’étude du microbiote, des traitements naturels qui permettraient dans certains cas de remplacer les antibiotiques, qui nuisent au microbiote et perdent en efficacité au fur et à mesure que les bactéries développent une résistance aux médicaments.

La taurine protège ici les souris de l’infection à Klebsiella pneumoniae résistante aux carbapénèmes (Visuel NIAID)

Des niveaux plus élevés de taurine produisent suffisamment de sulfure d'hydrogène pour empêcher la colonisation bactérienne

La taurine aide le corps à digérer les graisses et les huiles et se trouve naturellement dans les acides biliaires de l'intestin. Le nutriment est déjà connu pour aider l'intestin à se souvenir des infections antérieures et à tuer les bactéries envahissantes, telles que Klebsiella pneumoniae (Kpn- voir visuel). Les scientifiques pensent que de faibles niveaux de taurine permettent aux agents pathogènes de coloniser l'intestin, mais que des niveaux plus élevés produisent suffisamment de sulfure d'hydrogène (un sous-produit de la taurine) pour empêcher la colonisation. Ici, les chercheurs observent qu’un microbiote ayant déjà subi une infection et transféré à des souris exemptes de germes va permettre de prévenir ou de réduire l'infection par Kpn :

  • une classe de bactéries - Deltaproteobacteria – est clairement impliquée dans la lutte contre ces infections ;
  • la taurine est également identifiée comme le déclencheur de l'activité des Deltaproteobacteria.
  • une seule infection légère s’avère suffisante pour préparer le microbiote à résister à une infection ultérieure,
  • le foie et la vésicule biliaire, qui synthétisent et stockent les acides biliaires contenant de la taurine jouent également un rôle de protection contre les infections à long terme.

 

La preuve chez la souris : ainsi, des souris ayant reçu de la taurine en complément de l'eau potable présentent un microbiote qui résiste mieux aux infections. En revanche des souris qui reçoivent un médicament qui inhibe le sulfure d'hydrogène, sous-produit de la taurine, ont une protection réduite contre les infections.

 

Des résultats qui suggèrent qu’il est possible de renforcer, par des composés naturels, notre résistance aux infections et qui désignent la taurine comme une cible prometteuse pour prévenir ou lutter contre certaines infections bactériennes.

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