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OBÉSITÉ : Ces bactéries qui freinent la prise de poids

Actualité publiée il y a 3 jours 8 heures 45 min
Cell Metabolism
C’est bien la découverte de bactéries qui œuvrent contre la prise de poids et pourraient donc constituer la base de futurs traitements contre l’obésité (Visuel Adobe stock 588038397)

C’est bien la découverte de bactéries qui œuvrent contre la prise de poids et pourraient donc constituer la base de futurs traitements contre l’obésité. Cette équipe de biologistes et d’endocrinologues de l’University of Utah Health révèle, dans la revue Cell Metabolism, -et à ce stade chez la souris- comment la bactérie Turicibacter améliore la santé métabolique et réduit la prise de poids.

 

Le microbiome intestinal est étroitement lié à la santé et au poids corporel chez l’Homme. Des différences dans la composition du microbiome intestinal (bactéries et champignons) ont déjà été associées à l’obésité et à la prise de poids, ce qui suggère que modifier le microbiome pourrait permettre d’améliorer la santé. Cependant, l’intestin de chaque individu contient des centaines d’espèces microbiennes différentes, ce qui rend difficile l’identification des espèces bactériennes bénéfiques.

1 seul microbe, des effets spectaculaires

L’étude identifie cependant une bactérie intestinale spécifique, Turicibacter, qui améliore clairement la santé métabolique de souris soumises à un régime riche en graisses. Par ailleurs, les chercheurs observent que les personnes souffrant d’obésité présentent généralement des niveaux très réduits de Turicibacter, ce qui suggère que ce micro-organisme pourrait en effet favoriser un poids santé.

 

De précédentes recherches avaient identifié un groupe, large, d'environ 100 bactéries capable, mais collectivement, de prévenir la prise de poids. Cependant, identifier le micro-organisme spécifique essentiel au maintien du poids est un autre défi.

 

L’auteur principal, le Dr Kendra Klag, de l'Université de l'Utah, note que « les microbes qui vivent dans nos intestins n'apprécient pas du tout de vivre en dehors de celui-ci, que la plupart sont détruits par l'oxygène et doivent être manipulés exclusivement dans des bulles d'air. C’est pourquoi la compréhension de leur rôle spécifique demeure un défi ».

 

Ici, ce sont des dizaines d’années de culture de microbes individuels et de recherches qui ont permis d’identifier Turicibacter et surtout sa capacité, à elle-seule de réduire la glycémie, le taux de lipides dans le sang et la prise de poids- toujours chez des souris soumises à un régime riche en graisses.

 

Quel mécanisme ? Turicibacter semble favoriser la santé métabolique en produisant des molécules lipidiques absorbées par l'intestin grêle. Lorsque les chercheurs ajoutent des lipides purifiés de Turicibacter à un régime riche en graisses, ils constatent des effets similaires de contrôle du poids. On ignore encore quelles molécules d’acides gras sont essentielles : la bactérie produit des milliers de graisses différentes, dans ce que Klag décrit comme une « soupe lipidique ».

  • Turicibacter semble améliorer la santé métabolique en influençant la production par l'hôte d'une molécule grasse spécifique,

appelée céramide. Le taux de céramides augmente avec un régime riche en graisses, et des taux élevés de céramides sont associés à de nombreux troubles métaboliques, notamment le diabète de type 2 et les maladies cardiaques. Or,

  • les graisses produites par Turicibacter parviennent à maintenir un faible taux de céramides,

même chez les souris soumises à un régime riche en graisses.

  • Enfin, le taux de Turicibacter est lui-même influencé par la quantité de graisses ingérées par l'hôte. La bactérie ne se développe pas en présence d'une trop grande quantité de graisses dans son environnement ; ainsi, les souris nourries avec un régime riche en graisses perdront Turicibacter de leur microbiote intestinal.

 

Ces effets de Turicibacter sont probablement partagés par d'autres espèces bactériennes intestinales ; de nombreuses bactéries intestinales contribuent vraisemblablement à la santé métabolique. De plus, les résultats obtenus sur des modèles animaux pourraient ne pas être transposables à l'Homme.

 

Cependant, la recherche met en lumière le potentiel de bactéries spécifiques pour le contrôle du poids et appelle à identifier ces bactéries pour développer de nouveaux traitements notamment par probiotiques favorisant un métabolisme sain.

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