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OBÉSITÉ et CICATRISATION cutanée : Pourquoi il faut éviter les acides gras saturés

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 2 heures
Theranostic
Une alimentation saine peut considérablement aider les personnes obèses à réduire l'inflammation chronique et favoriser la cicatrisation des plaies cutanées (Visuel Adobe Stock 773764002)

Une alimentation saine peut considérablement aider les personnes obèses à réduire l'inflammation chronique et favoriser la cicatrisation des plaies cutanées chroniques, soulignent ces scientifiques de Leipzig, qui identifient, dans la revue Theranostic de nouveaux mécanismes sous-jacents à l'inflammation chronique et aux retards de cicatrisation.

 

En pratique clinique, il est couramment observé que les maladies inflammatoires chroniques comme le psoriasis surviennent plus tôt et plus sévèrement chez des personnes en surpoids. De même certaines plaies chroniques, comme l’ulcère du pied diabétique. Ces plaies chroniques sont globalement plus difficiles à traiter chez les patients atteints d’obésité. L’équipe de l'hôpital universitaire de Leipzig a donc voulu en savoir plus sur les facteurs et mécanismes, favorisant les comorbidités et les plaies chroniques, chez les patients souffrant d’obésité.

Les plaies chroniques, ou non cicatrisantes, surviennent plus fréquemment chez les patients obèses

Acides gras saturés et inflammation chronique : les scientifiques ont précisément étudié comment les acides gras saturés contribuent à l'augmentation de l'inflammation et peuvent perturber la cicatrisation des plaies. Lorsque la peau est enflammée ou blessée, des molécules toxiques sont libérées : l’équipe s’est concentrée sur la molécule S100A9, une molécule associée à de nombreux acides gras saturés, qui provoque une activation et une différenciation anormales des macrophages et finit par conduire à cette chronicité des réactions inflammatoires.

 

« Une chronicité qui concerne aussi l’inflammation des plaies cutanées qui alors ne cicatrisent plus du tout », explique le Dr Anja Saalbach, auteur principal et chercheur au département de dermatologie, vénérologie et allergologie de l'hôpital universitaire de Leipzig.

 

Une molécule clé de la chronicité

 

  • chez des souris modèles, le blocage de la molécule S100A9 normalise l'activation incontrôlée des macrophages, dans l'obésité, et donc régule la réponse inflammatoire et relance la cicatrisation des plaies.
  • Ces mêmes animaux modèles soumis à un régime allégé en acides gras saturés voient également l’inflammation mieux contrôlée.
  • Il suffirait de modifier le régime alimentaire, même sans perte de poids pour contrôler l’inflammation et relancer la cicatrisation.

 

La recherche éclaire ainsi le rôle considérable de l’alimentation, au-delà de l’obésité, dans le développement et la poursuite de l’inflammation et cible précisément les acides gras saturés.

 

Une étude clinique en cours va déterminer si un changement de régime alimentaire peut contribuer à traiter le psoriasis chez l'Homme. D’autres études vont être menées sur les plaies chroniques. Mais d’ores et déjà, la molécule S100A9 apparaît comme une cible prometteuse pour réguler les réactions inflammatoires incontrôlées et favoriser les processus de cicatrisation des plaies, dans l'obésité.