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OBÉSITÉ : Un fardeau financier autant que sanitaire pour la personne obèse

Actualité publiée il y a 6 mois 2 semaines 6 jours
The European Congress on Obesity
3 quarts des dépenses de santé liées à l'obésité, pour le système de santé, sont concentrés chez 20 % des cas les plus morbides (Visuel Adobe Stock 185411446)

3 quarts des dépenses de santé liées à l'obésité, pour le système de santé, sont concentrés chez 20 % des cas les plus morbides, relève ce bilan global de l’obésité aux Etats-Unis. Des données marquantes présentées lors du Congrès de l’European Association for the Study of Obesity (Maastricht), qui suggèrent de grandes tendances quel que soit le pays et confirment l’obésité comme le plus grand fardeau chronique de Santé publique.

 

Parmi ces données préoccupantes, les taux de prévalence du diabète de type 2, qui n’ont pas moins que doublé au cours de la période d'étude de 8 ans et quelle que soit la classe d'obésité considérée. Alors que les coûts des soins de santé sont multipliés par 2 pour une personne souffrant d’obésité vs une personne ayant un poids de santé, ce bilan souligne à la fois le fardeau de l’obésité au niveau des systèmes de santé mais tout autant au niveau particulier de l’usager de santé. L’obésité, au-delà même de son fardeau sanitaire, devient pour la personne obèse, comme pour le système de santé, un fardeau financier, croissant avec le temps et le nombre de comorbidités.

16 % des personnes obèses souffrent de 3 comorbidités ou plus

C’est une série de 5 études qui vient d’être présentée au Congrès, menées par différentes équipes de University Hospital Llandough (Royaume-Uni). Ces 5 études couvrent une période de 8 ans et portent sur un total de 28.583 personnes obèses (aux États-Unis), avec IMC de 30 à 70 kg/m² suivis en moyenne durant 8 ans. Les complications liées à l'obésité et le total des coûts directs des soins de santé par personne (coûts hospitaliers, ambulatoires et pharmaceutiques) ont été évalués au cours de l'année de référence et de l'année 8. L’analyse révèle que :

 

  • les coûts des soins de santé et les taux d'hospitalisation sont plus élevés pour les personnes des classes d'obésité supérieures que pour les personnes atteintes d’obésité moins sévère ;
  • il existe une relation dose-dépendante entre l'indice de masse corporelle (IMC) et le besoin de soins de santé ;
  • la progression de l'obésité contribue de manière significative aux dépenses de santé ;
  • dans le groupe d'obésité de classe I, les 20 % de participants supportant les coûts de santé les plus élevés représentent 79 % du total des dépenses de santé du groupe ;
  • dans le groupe d'obésité de classe II, ce taux est de 77 % ;
  • pour le groupe d'obésité de classe III, de 74 %.
  • Ainsi, les ¾ du total des coûts directs des soins de santé chez les personnes obèses sont associés à 20 % des personnes souffrant d’obésité. Ces personnes sont atteintes d’un plus grand nombre de comorbidités.

 

Taux des différentes complications/comorbidités chez les personnes atteintes d’obésité : les comorbidités prises en compte comprenaient l’apnée obstructive du sommeil, l’insuffisance cardiaque, l’incontinence urinaire, l’arthrose du genou, le diabète de type 2, le prédiabète, l’asthme, le psoriasis, le reflux gastro-œsophagien, l’hypertension, la dyslipidémie, les douleurs musculo-squelettiques , la maladie cardiovasculaire et athérosclérotique et la maladie rénale chronique/insuffisance rénale.  L’analyse révèle que :

 

  • 44 % des personnes obèses ne souffrent d’aucune de ces comorbidités ;
  • 25 % souffrent d’1 comorbidité ;
  • 15 % de 2 ;
  • 16 % de 3 ou plus.
  • Plus le nombre de comorbidités est élevé et plus élevées sont les dépenses de santé ;

 

Les dépenses de santé augmentent avec le temps, pour tous les participants obèses au cours du suivi de 8 ans de l’étude, ce qui suggère une aggravation quasi-systématique de ces complications, voire le développement de nouvelles comorbidités ;

 

  • ainsi, chaque année, les dépenses de santé augmentent avec le nombre de comorbidités ;
  • enfin, plus l’obésité est sévère, plus les dépenses de santé sont élevées : « la tendance générale est à l'augmentation des coûts cumulés par patient avec l'augmentation de la classe d'obésité pour la plupart des complications, dont les maladies cardiovasculaires établies », écrivent les chercheurs.

 

Le diabète de type 2 est confirmé comme la comorbidité majeure de l’obésité :

 

  • la prévalence du diabète a doublé à la fin du suivi vs au début de l’étude : dans le groupe « obésité de classe I », le taux de personnes atteintes de diabète de type 2 est passé de 7 % à 13 % ; dans le groupe « obésité de classe II », la prévalence du diabète de type 2 est passée de 11 % à 23 % ; et dans le groupe de classe III, de 16 % à 31 %;
  • la prévalence des maladies rénales chroniques ne doit pas être négligée : elle est multipliée par 3,3 (obésité de classe I), par 6,7 fois (obésité de classe II) et par 5,5 fois (obésité de classe III) ;
  • enfin, la prévalence de l’apnée obstructive du sommeil (SAOS) a été multipliée par plus de 2 au cours du suivi de 8 ans (obésité de classe I).

 

Les coûts de traitement et d’hospitalisation ont augmenté au cours de la période d'étude de 8 ans pour les 4 classes d'obésité, mais plus encore pour les personnes obèses de classe III. Et jusqu’à 36 %. Chez les personnes obèses,

les taux d’hospitalisation progressent chaque année,

simultanément avec le nombre et la sévérité des comorbidités.

 

Toutes ces données, extrêmement détaillées apportent une photographie très préoccupante du fardeau de l’obésité pour le système de santé mais aussi pour chaque personne qui souffre de la maladie et de ses comorbidités.

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