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PALUDISME : Ils brisent le cycle de vie du parasite

Actualité publiée il y a 8 mois 1 semaine 4 jours
Science
Le paludisme, c'est près de 200 millions de nouveaux cas dans le monde chaque année, et environ 500.000 décès

Le paludisme, c'est près de 200 millions de nouveaux cas dans le monde chaque année, et environ 500.000 décès, principalement chez des enfants. La découverte de ce nouveau composé qui interrompt le cycle de vie du parasite chez l’Homme et prévient la transmission vectorielle ouvre une voie prometteuse au développement d’un nouvel antipaludique. Ces travaux menés à la Fundação de Amparo à Pesquisa do Estado (FAPESP, São Paulo) et présentés dans la prestigieuse revue Science, permettent ainsi d’espérer, d’ici 5 ans, la sortie d’un nouveau traitement.

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TCMDC-135051, c’est le nom de cette molécule capable d’inhiber sélectivement une enzyme essentielle au cycle de vie de Plasmodium falciparum, le parasite responsable de la forme la plus mortelle du paludisme. Une découverte importante alors que face aux traitements existants, se développe une multirésistance préoccupante. Cette voie thérapeutique prometteuse répond donc aussi à cette préoccupation croissante de l’émergence de parasites de plus en plus pharmacorésistants.

TCMDC-135051 inhibe sélectivement une enzyme essentielle au cycle de vie de Plasmodium falciparum

TCMDC-135051 pour prévenir mais aussi traiter la maladie chez l'Homme

L’étude, dirigée par le professeur Paulo Arruda et soutenue par le Campinas's Center for Medicinal Chemistry (CQMED, São Paulo), membre du Structural Genomics Consortium (SGC) -un réseau international qui vise à accélérer la découverte de médicaments par le biais de recherches en libre accès- montre que la molécule, développée par le laboratoire pharmaceutique GSK, agit spécifiquement sur la protéine kinase de type cycline de P. falciparum, PfCLK3, sans affecter les protéines humaines. La molécule a été sélectionnée après criblage à haut débit de 24.619 composés, visant à identifier les meilleurs inhibiteurs sélectifs de la PfCLK3. TCMDC-135051 s’est avéré le composé le plus puissant et le plus sélectif. De plus, la molécule apparaît efficace contre d'autres espèces de Plasmodium. Enfin, elle n’interfère avec les protéines humaines et notamment les kinases humaines.

 

Inhiber PfCLK3 entraîne un double effet : l'inhibition de PfCLK3 affecte le parasite à la fois au stade asexuel de son développement, quand il prolifère dans les cellules humaines et provoque des symptômes, et au stade sexuel, quand il peut être transmis à l'insecte vecteur : inhiber PfCLK3 permet ainsi d’éliminer le parasite à tous les stades de son cycle de vie, précisent les chercheurs et, en bloquant l'activité et la production d'autres protéines nécessaires au parasite pour rester en vie, il finit par tuer P. falciparum. TCMDC-135051 empêche donc non seulement la transmission, mais peut également traiter la maladie chez l'Homme.

 

 « Nous nous sommes concentrés sur une protéine qui a rarement été étudiée. Le résultat est positif et présente un potentiel important pour le développement d'un nouveau médicament », concluent les chercheurs. Pour devenir un médicament, cependant, cet inhibiteur devra être soumis à plus de tests. « Nous devons encore améliorer la sécurité de la molécule. Ensuite, elle sera prête pour des essais cliniques. Une étape qui devrait encore prendre 3 à 5 ans ».