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PARALYSIE CÉRÉBRALE : Bien souvent génétique

Actualité publiée il y a 9 mois 2 semaines 6 jours
Annals of Clinical and Translational Neurology
Contrairement à l’idée généralement reçue, la paralysie cérébrale peut être génétique (Visuel Adobe Stock 406166549)

Contrairement à l’idée généralement reçue, la paralysie cérébrale (PC) peut être génétique : c’est la démonstration de cette étude de séquençage de l'ADN de 50 patients atteints de paralysie cérébrale et qui identifie une cause génétique dans environ 1 cas sur 4. Ces travaux, publiés dans les Annals of Clinical and Translational Neurology, vont permettre le diagnostic de précision et avec ce diagnostic, des traitements personnalisés pour plus d'enfants atteints de paralysie cérébrale, mais aussi d'épilepsie et d'autres troubles du développement neurologique.

 

La paralysie cérébrale est une déficience motrice non progressive qui commence dans la petite enfance. La condition a été largement considérée comme le résultat d'une privation d'oxygène pendant l'accouchement ou d'autres facteurs liés à la naissance tels que la prématurité. Cette recherche d’une équipe de pédiatres et de neurologues du Boston Children's Hospital révèle que jusqu'à 1 enfant sur 4 a une maladie génétique sous-jacente susceptible de modifier l'approche globale de ses soins. L’auteur principal, le Dr Siddharth Srivastava, neurologue et responsable du Boston’s Children's Cerebral Palsy and Spasticité Program explique que « dans la paralysie cérébrale, la première chose qui vient à l'esprit de nombreux médecins est une blessure à la naissance ou une asphyxie. Cette hypothèse est devenue omniprésente, tant au cours de la formation en neurologie que dans le grand public ».

L’hypothèse d’un terrain génétique sous-jacent

L’étude : l'équipe de recherche a séquencé l'ADN de 50 patients atteints de PC. Les patients, dont l'âge moyen était de 10 ans, ont également passé des examens cliniques et des IRM cérébrales.

 

  1. 20 des participants présentaient un facteur de risque connu de CP, comme la prématurité, une hémorragie cérébrale ou une privation d'oxygène ;
  2. 24 n'avaient aucun facteur de risque connu ;
  3. 5 répondaient à la plupart des critères de CP mais connaissaient une détérioration de leur état au fil du temps alors que par définition, la CP est une maladie qui ne progresse pas.

Ces 3 groupes reflètent l'éventail des patients suspectés de CP.

 

  • Le séquençage identifie une variante génétique causale ou probablement causale chez 26 % des participants (n=13) ;
  • ces variants impliquent 13 gènes différents (ECHS1, SATB2, ZMYM2, ADAT3, COL4A1, THOC2, SLC16A2, SPAST, POLR2A, GNAO1, PDHX, ACADM et ATL1) ;
  • la probabilité d'un diagnostic génétique s’avère plus élevée pour les participants atteints de pseudo CP (ou maladie évolutive) : chez 60 % de ces patients (n=3 sur 5), une cause génétique est identifiée ;
  • chez 29 % patients atteints de PC et sans facteurs de risque connus, une cause génétique est identifiée (n=7 sur 24) ;
  • étonnamment, même certains patients présentant un facteur de risque connu de CP, comme l'asphyxie au moment de la naissance, présentent une mutation génétique i (3 patients sur 20, soit 15%).

 

Quelles implications d'un diagnostic génétique dans la PC ? Chez certains de ces patients, ces découvertes génétiques ont entraîné des changements dans le protocole et le parcours de soins. Un enfant, par exemple, porteur d'un gène lié à un trouble métabolique, a été orienté vers un service spécialisé ; un autre patient a été référé pour des évaluations oculaires et rénales en fonction de sa mutation ; un adolescent porteur d'une mutation génétique liée à un trouble neurologique progressif, a été placé sous une surveillance adaptée, plus rigoureuse.

 

Rechercher la cause génétique : ces données appellent ainsi les cliniciens mais aussi les parents à considérer une cause génétique pour tout enfant atteint de CP sans facteur de risque connu. Elles suggèrent également d'envisager des tests génétiques chez les enfants présentant des facteurs de risque établis de CP s'ils présentent des caractéristiques évoquant une maladie génétique. Enfin, ces résultats incitent à des évaluations régulières de ces patients, afin de s'assurer que d'autres aspects n'ont pas été manqués, ou pour identifier de nouveaux symptômes.

 

Des familles mieux informées : l'hypothèse jusque-là toujours retenue, que les blessures à la naissance sont la cause principale de la paralysie cérébrale (PC) a conduit certaines familles à intenter des poursuites contre des médecins. D'autres familles ont culpabilisé, pensant avoir commis des erreurs pendant la grossesse. Aujourd’hui, des mères d’enfants atteints de CP confient que le diagnostic génétique les a libérées de cette lourde culpabilité.

 

Ces travaux vont permettre de pouvoir poser un diagnostic plus précis, opter pour un traitement de précision et mieux informer les patients et les familles touchées par la PC.

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