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PHAGOTHÉRAPIE : Efficace contre les infections résistantes chez 50 % des patients

Actualité publiée il y a 2 mois 4 jours 5 heures
Clinical Infectious Diseases
La phagothérapie ou l’utilisation de virus bactériophages ou "phages" capables d’infecter et de se reproduire dans les bactéries, en particulier dans les bactéries résistantes aux antibiotiques s’est avérée prometteuse (Visuel Adobe Stock 293323761)

La phagothérapie ou l’utilisation de virus bactériophages ou "phages" capables d’infecter et de se reproduire dans les bactéries, en particulier dans les bactéries résistantes aux antibiotiques s’est avérée prometteuse maintenant dans de nombreuses études.

Cette nouvelle série de cas traités par phagothérapie, la plus large jamais entreprise, précise aujourd’hui le taux de réussite de ces thérapies innovantes quoiqu’anciennes. Ce rapport de virologues de l’Université de Pittsburgh, présenté dans la revue Clinical Infectious Diseases, fait aujourd’hui état d’un taux de succès de plus de 50 %.

 

Ainsi, l’équipe de Pittsburgh avec des collègues de l'Université de Californie à San Diego rapporte 20 cas d’utilisation de ce traitement et conclut au succès de la thérapie chez plus de la moitié des patients. La procédure expérimentale qui utilise des virus pour traiter ici des infections mortelles à Mycobacterium a permis d’améliorer la santé de 11 patients sur 20. Aucun des patients n'a développé d'effets indésirables.

« Les bactériophages ont fait leur travail »,

concluent les chercheurs qui se disent aujourd’hui en capacité de fournir ces virus tueurs de bactéries aux patients qui n'ont pas d'autres options pour traiter les infections résistantes aux antibactériens (RAM).

 

« Certains de ces résultats sont spectaculaires, et d'autres sont plus complexes », explique l’auteur principal, le Dr Graham Hatfull, professeur de biotechnologie à l'Université de Pittsburgh : « cependant sur une série de 20 cas, il devient beaucoup plus évident que les phages peuvent apporter des résultats favorables chez les patients qui n'ont pas d'autres alternatives ». En 2019, le Dr Hatfull avait déjà documenté une première utilisation réussie de phages pour traiter une infection antibiorésistante et depuis, son équipe a répondu aux demandes de plus de 200 cliniciens à la recherche de traitements pour leurs patients, travaillant avec ces cliniciens, pour trouver des phages qui pourraient être efficaces contre la souche particulière de bactéries infectant chaque patient.

 

L’étude : chaque patient traité souffrait d’une infection par une ou plusieurs souches de Mycobacterium, un groupe de bactéries qui peuvent provoquer des infections mortelles et résistantes au traitement chez les personnes immunodéprimées ou atteintes de fibrose kystique. Ces infections font partie des plus difficiles à traiter avec des antibiotiques, précisent les auteurs.

 

De nouvelles preuves d’efficacité : la série de cas montre que la thérapie a réussi dans 11 cas sur 20. Aucun patient n'a présenté de réaction indésirable au traitement. Chez 5 autres patients, les résultats de la thérapie ne sont pas concluants et 4 patients n'ont montré aucune amélioration. Les chercheurs vont analyser ces cas réfractaires pour comprendre pourquoi ils n'ont pas fonctionné et pouvoir ainsi améliorer encore la thérapie.

 

Des tendances inattendues émergent :

 

  • dans 11 cas, les chercheurs n'ont pas pu trouver plus d'un type de phage qui pourrait tuer l'infection du patient, même si la pratique courante consiste -jusque-là- à injecter un cocktail de différents virus ;
  • le système immunitaire de certains patients attaque les virus cependant dans quelques cas, le système immunitaire rend le virus inefficace. Et, dans certains de ces cas, en dépit de cette réaction immunitaire défavorable à la phagothérapie, le traitement réussit quand même. Ces mécanismes devront être mieux compris.

 

L’équipe continue de fournir des phages à davantage de patients : « Nous n'avons pas encore compris comment trouver ou concevoir des phages capables de détruire toutes les souches de bactéries chez ces patients, mais nous y travaillons », concluent les auteurs.

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