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PLAIE CHRONIQUE : Le pansement intelligent qui mesure l’exsudat

Actualité publiée il y a 2 mois 3 semaines 4 jours
Frontiers in Physics
Pouvoir évaluer l’exsudat, un paramètre clé de la cicatrisation des plaies (Adobe Stock 169945454).

Face à la prévalence croissante des plaies chroniques, en raison du vieillissement des population mais aussi de la hausse du diabète et des maladies vasculaires, de nombreuses équipes travaillent à des pansements intelligents. Des pansements intelligents qui communiquent aux soignants les données d’évolution de la plaie, permettant ainsi, sa gestion optimisée.  Cette équipe de l'Université de Bologne fait un pas en avant avec ce dispositif intelligent, présenté dans la revue Frontiers in Physics, et qui évalue l’exsudat, un paramètre clé de la cicatrisation des plaies.

 

C’est donc le premier pansement capable de transmettre, en wifi, des données sur les niveaux d'humidité de la plaie. Les exsudats font partie des nombreux facteurs qui peuvent affecter la cicatrisation, dont la température, les niveaux de glucose et l'acidité. Cependant, c’est l'un des facteurs les plus importants, la cicatrisation étant favorisée par un environnement chaud et humide. Le dispositif devrait donc permettre aux médecins et aux soignants de surveiller et de guider la cicatrisation sans avoir obligatoirement à recourir au retrait du pansement. Un avantage considérable car le retrait ou le changement trop fréquent du pansement peut perturber le processus de cicatrisation, sans oublier la douleur induite pour le patient.

Un polymère conducteur est incorporé dans une gaze par sérigraphie, puis la gaze est incorporée dans les matériaux constituant habituellement le pansement (Visuel Frontiers in Physics).

Un capteur RFID qui transmet les données d'humidité

Ce nouveau « pansement intelligent » contient un capteur qui peut mesurer de manière très sensible les niveaux d'humidité puis transmettre les données à un smartphone à proximité, sans retirer le pansement. De plus l’adaptation de la structure et des matériaux de base permettent d’adapter le principe à différents types de plaies. Le choix de ces matériaux constitue un défi, car les pansements doivent être biocompatibles, jetables et peu coûteux.

 

Quel procédé ? Les chercheurs ont appliqué un polymère conducteur appelé « PEDOT:PSS » sur une gaze par sérigraphie, puis ont incorporé la gaze dans les matériaux constituant habituellement le pansement. Le principe étant que les changements dans le niveau d'humidité de la plaie provoquent un changement dans un signal électrique mesuré par le capteur. Une étiquette RFID peu coûteuse et jetable, biocompatible est également incorporée dans le dispositif et communique par wifi les données sur le niveau d'humidité au smartphone. Ces données enfin, permettent au soignant de savoir s’il doit procéder au changement de pansement.

 

De premières preuves de concept sont apportées par des tests en laboratoire : les chercheurs ont exposé leurs prototypes de différentes formes et composés de différents matériaux, à de l’exsudat artificiel et constatent que le pansement est très sensible et communique bien des données radicalement différentes selon les niveaux de sècheresse/humidité auxquels il est exposé.

 

Un outil prometteur dans la gestion des plaies, d’autant qu’il peut être développé avec différentes couches, différents matériaux, différentes propriétés et caractéristiques d'absorption, conclut le Dr Luca Possanzini, co-auteur de l’étude : « Chaque type de plaie pourrait avoir son propre pansement,

des plaies à exsudation lente aux plaies très exsudatives.

Les chercheurs travaillent aujourd’hui à optimiser le capteur et à l’adaptation de la technologie à différents types de plaies.