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PNEUMOCONIOSE : Cibler la ferroptose, une nouvelle perspective thérapeutique

Actualité publiée il y a 1 jour 17 heures 13 min
Med Research
Cibler la ferroptose, c’est la nouvelle piste thérapeutique envisagée ici pour traiter la pneumoconiose (Visuel Adobe Stock 189952178)

Cibler la ferroptose, c’est la nouvelle piste thérapeutique envisagée par cette équipe de la Ningxia Medical University (Yinchuan, Chine) pour traiter la pneumoconiose. Issue d’une revue exhaustive de la littérature, publiée dans la revue Med Research, cette perspective apparaît prometteuse pour atténuer la fibrose pulmonaire induite par la silice et les poussières de charbon.

 

La pneumoconiose est une maladie pulmonaire professionnelle grave causée par l'inhalation de poussières inorganiques comme la silice, le charbon et l'amiante. En dépit de la tendance à la réduction des énergies fossiles, la pneumoconiose représente toujours un problème de santé publique majeur à l'échelle mondiale. En dépit de sa prévalence, il n'existe

actuellement aucun traitement efficace pour enrayer la maladie.

L’analyse explique pourquoi l’inhibition de ce processus de mort cellulaire « dépendant du fer », dans les macrophages alvéolaires, les cellules épithéliales et les cellules endothéliales pulmonaires peut atténuer la fibrose.

La ferroptose, une nouvelle cible thérapeutique prometteuse ?

Les auteurs écrivent que « cibler la ferroptose » serait même « susceptible de révolutionner le traitement de la pneumoconiose ».

 

La ferroptose est une forme de mort cellulaire programmée induite par l'accumulation de fer et de peroxydes lipidiques (graisses oxydées) au sein des membranes cellulaires. Contrairement à d'autres formes de mort cellulaire, la ferroptose se caractérise par une surcharge en fer et une défaillance des systèmes de défense antioxydants de la cellule, notamment de l'enzyme GPX4.

 

L'inhalation de poussières de silice perturbe l'homéostasie du fer dans les poumons. Cette perturbation déclenche une cascade nocive affectant 3 types cellulaires pulmonaires essentiels :

 

  1. les macrophages alvéolaires : premiers intervenants du système immunitaire, ils libèrent, lors de la ferroptose, des signaux inflammatoires qui aggravent les lésions pulmonaires ;
  2. les cellules épithéliales : cellules barrières du poumon, leur mort empêche la réparation pulmonaire et favorise la fibrose ;
  3. les cellules endothéliales : cellules tapissant les vaisseaux sanguins, elles subissent ici une rupture de la barrière alvéolo-capillaire et un ralentissement de la régénération.

La ferroptose est un facteur central de la maladie

Quel processus ? Son blocage représente une piste thérapeutique prometteuse : ainsi les inhibiteurs de la ferroptose, tels que la ferrostatin-1 et le flavonoïde dihydroquercétine (DHQ), peuvent atténuer significativement l'inflammation et la fibrose pulmonaires, cela est bien documenté, à ce stade, chez les modèles animaux.

Quelle implication ? Il s’agit de poursuivre les recherches pour mieux comprendre le rôle de la ferroptose dans la pneumoconiose afin d’adapter et de cibler au mieux les thérapies ciblant la ferroptose. L'association d'inhibiteurs de la ferroptose aux traitements existants pourrait ainsi considérablement améliorer le pronostic des patients.

 

Cette analyse appelle enfin à décrypter les mécanismes de communication entre les différentes cellules pulmonaires au cours de ce processus, afin d'affiner les approches de médecine de précision pour les maladies pulmonaires professionnelles.