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PORT du MASQUE : Des avantages sanitaires et économiques durables, une mesure durable ?

Actualité publiée il y a 3 mois 2 semaines 15 heures
The Lancet Public Health
« Les masques faciaux protègent votre santé, votre portefeuille et l'économie » (Visuel Adobe Stock 417108229)

Certes la mesure n’est pas très confortable et peut aussi entraîner ses effets délétères, cependant cette modélisation menée au Baylor College of Medicine apporte une image de ses avantages possibles, même une fois les objectifs de vaccination COVID-19 atteints. « Les masques protègent votre santé, votre portefeuille et l'économie », concluent ces chercheurs dans le Lancet Public Health, qui exploitent ici à l'aide de très larges simulations, et à l'échelle de toute la population américaine, un retour d’expérience pas totalement négatif de la pandémie.

 

Les chercheurs de Houston ont ainsi développé un modèle informatique prenant en compte la propagation et l'impact du COVID-19 à l'échelle des 327 millions d’habitants des États-Unis, et ont simulé le maintien ou pas du port du masque avec différents niveaux de couverture vaccinale et dans différents contextes.

Source: The Lancet Public Health

 

Les simulations menées à l’échelle de la population américaine indiquent que :

 

  • maintenir le port du masque (aux niveaux observés de mars à juillet 2020) durant une période de 2 à 10 semaines après avoir atteint les objectifs de vaccination (ou d’immunité), permet d'économiser des milliards de dollars sur les dépenses de santé et les coûts de productivité, avec, notamment, une réduction considérable des hospitalisations mais aussi des décès ;
  • dans tous les scénarii simulés, il est rentable de maintenir l'utilisation du masque pendant ces 2 à 10 semaines après l’atteinte des objectifs de vaccination de la population ;
  • le maintien du port du masque apparaît particulièrement critique dans les espaces intérieurs publics et dans les transports en commun pendant au moins 2 semaines après que les objectifs de vaccination COVID-19 (avec un minimum de 70%) sont atteints. La mesure, là encore, est largement rentable et permet de sauver de nombreuses vies ;
  • plus le niveau de la couverture vaccinale en population est faible, plus les avantages économiques et sanitaires du maintien du port du masque sont importants.

 

Exemple : si les États-Unis atteignaient une couverture vaccinale de 90 % d'ici le 1er mai 2022, le maintien du port du masque permettrait d'éviter 13,3 milliards de dollars de coûts sociaux et 2,4 milliards de dollars de dépenses de santé.

 

Une mesure par nature adaptative : le port du masque a été largement mis en œuvre aux États-Unis comme partout dans le monde, au début de la pandémie. Cependant, depuis l’émergence de la variante Omicron, cette mesure barrière a été considérablement assouplie, partout dans le monde également. Alors que les seuils précis d'immunité collective contre le COVID-19 restent imprécis, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé un objectif de couverture vaccinale mondiale de 70 % d'ici à la mi-2022. Aux Etats-Unis, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) ont lancé un outil sur l'utilisation des masques en fonction des niveaux d’incidence de COVID-19 dans les 3.000 comtés du pays.

La question du port du masque se pose donc toujours pour les autorités sanitaires,

en regard de la circulation du virus et de la virulence des souches en circulation.

Ainsi, commentent ces épidémiologistes,

le port du masque n’est pas une mesure définitivement abandonnée

ou en passe de l’être, mais dépend bien de l’émergence de variantes COVID-19 plus transmissibles, de la diminution de l'immunité et de l'augmentation de la mixité sociale.

« Le port du masque continuera d'être une des principales interventions non pharmaceutiques, et en complément de la vaccination, pour ralentir la propagation du COVID-19. La mise en œuvre de subventions pour les masques, au même titre que pour les tests et les traitements, devrait être décidée lors de la prochaine phase de l’épidémie ».

 

L'auteur principal, le Dr Bruce Y. Lee, de la CUNY Graduate School of Public Health and Health Policy commente les résultats : «Nos simulations soulignent que la vaccination à elle seule ne suffit pas à contrôler la pandémie et que d’autres mesures de protection complémentaires sont nécessaires pour limiter la crise sanitaire, sociale et économique. Les recommandations récemment publiées par le CDC arrivent à un moment où de nombreuses régions des États-Unis ont assoupli les mesures barrières, et où le port du masque va relever de décisions individuelles voire de décisions d'entreprises privées. Nous mettons donc en avant les avantages majeurs d’une mesure somme toute peu inconfortable ».