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PROSCRASTINATION : Comment le cerveau diffère

Actualité publiée il y a 1 année 5 mois 1 jour
Psychological Science
La procrastination est un voleur de temps

Nous différons tous dans notre capacité à initier des mécanismes de contrôle de soi et des émotions. Bien que les différences interindividuelles dans le contrôle des actions apportent une contribution majeure à notre vie quotidienne, leur fondation neurale reste largement inconnue. « La procrastination est un voleur de temps », écrivent ici ces chercheurs de l’Université de la Ruhr qui éclairent, dans la revue Psychological Science, ce mécanisme, en identifiant 2 zones du cerveau caractéristiques chez les proscrastinateurs.

 

Les chercheurs de la Ruhr-Universität Bochum analysent ici pour la première fois les raisons pour lesquelles certaines personnes ont tendance à se reporter leurs tâches plutôt que de s’y attaquer de suite. Via l'imagerie par résonance magnétique (IRM), ils identifient deux zones du cerveau, l'amygdale et le cortex cingulaire antérieur dorsal dont le volume et la connectivité fonctionnelle sont liés à la capacité d'un individu à contrôler ses actions

 

L’examen IRM de 264 femmes et hommes a permis ici d’évaluer le volume des différentes zones du cerveau et la connectivité fonctionnelle entre ces zones. De plus, les participants ont renseigné leur propre capacité à contrôler leurs actions. L’analyse montre que :

  1. les participants à faible contrôle présentent une amygdale plus grande ;
  2. la connexion fonctionnelle entre l'amygdale et le cortex cingulaire antérieur dorsal est moins prononcée.

 

 

Explications : parmi les fonctions de l'amygdale on connait celle d’évaluation des résultats de différentes situations ainsi que la fonction d’alerte sur les conséquences négatives possibles de certaines actions. L'ACC dorsal utilise ces informations pour sélectionner les actions à mettre en pratique. Si l'interaction entre les amygdales et le cortex cingulaire antérieur dorsal est altérée, le contrôle de l'action ne peut plus être exécuté avec succès, selon l’hypothèse des chercheurs : « Les sujets présentant un volume d'amygdale plus élevé peuvent être plus anxieux quant aux conséquences négatives d'une action et vont donc avoir tendance à hésiter et à reporter les choses », commente le chercheur Erhan Genç. « Un faible lien fonctionnel entre l'amygdale et le cortex cingulaire antérieur dorsal va encore accroître cet effet car les émotions négatives perturbatrices et les actions alternatives peuvent ne plus être suffisamment régulées ».

 

De prochaines études devront encore expliquer si le contrôle de l'action peut être modifié par une formation spécifique ou une stimulation cérébrale.

« Alors que ces différences de capacité à contrôler nos actions affectent considérablement notre réussite privée et professionnelle ainsi que notre santé mentale et physique, leurs fondements neuronaux restent encore mal compris », concluent les auteurs.

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