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RAM : Eloigner les bactéries avec la lumière et une pincée de curcumine

Actualité publiée il y a 1 année 3 semaines 2 jours
Scientific Reports
Éloigner les superbactéries avec une pincée de curcuma, et à l’aide d’une technologie peu coûteuse appelée inactivation photodynamique (Visuel Adobe Stock 158341750)

Éloigner les superbactéries avec une pincée de curcuma, et à l’aide d’une technologie peu coûteuse appelée inactivation photodynamique permet de réduire la résistance bactérienne, démontre cette équipe de bioingénieurs de la Texas A&M University. L’étude, publiée dans les Scientific Reports démontre que la curcumine, pourrait bien faire partie des options pour réduire l’antibiorésistance.

 

Avant l'apparition des antibiotiques, les maladies infectieuses étaient la principale cause de décès et d'invalidité dans le monde. Mais au cours des dernières décennies, alors que la découverte de nouveaux antibiotiques ralentissait, de nombreuses bactéries résistantes aux antibiotiques ont émergé, dont le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM), l’entérocoque résistant à la vancomycine et la pneumonie, des maladies infectieuses extrêmement difficiles à traiter. Les maladies infectieuses tuent jusqu’à 10 millions de personnes chaque année.

 

La lutte contre les superbactéries, ou bactéries résistantes aux antibiotiques, est l’une des priorités de santé publique à l'échelle mondiale. Aucune option ne doit donc être négligée.

 

L’auteur principal, le Dr Vanderlei Bagnato, professeur de génie biomédical à la Texas A&M précise : « Lorsque les bactéries commencent à devenir résistantes aux antibiotiques conventionnels, nous assistons à une catastrophe antibiotique ? Nous devons surmonter ce défi en trouvant d’autres moyens de tuer les superbactéries ou de modifier les processus naturels au sein des bactéries afin de redonner de l’efficacité aux antibiotiques classiques ».

Cette nouvelle approche, à base de photisensibilisation et de curcumine,

le composé qui donne au curcuma sa couleur jaune vif caractéristique consiste à « administrer » de la curcumine aux bactéries puis de l’activer par la lumière, ce qui déclenche des réactions délétères chez ces microbes, les tuant finalement.

La technologie réduit le nombre de souches résistantes aux antibiotiques

Avec cette approche également en combinaison, les antibiotiques conventionnels redeviennent efficaces !

 

Limiter l'hétérogénéité bactérienne pour contrôler l’antibiorésistance : les bactéries présentent des variations naturelles au sein d’une population donnée. Cette hétérogénéité introduit des variations dans les comportements cellulaires, notamment dans la réponse aux antibiotiques, qui peuvent directement contribuer à la résistance aux traitements si certaines souches survivent aux médicaments antimicrobiens et continuent à se répliquer. Ainsi, les chercheurs ont voulu limiter l'hétérogénéité bactérienne pour contrôler la résistance bactérienne.

 

Curcumine et inactivation photodynamique : l’inactivation photodynamique, une technique qui s'est révélée prometteuse dans la lutte contre la résistance bactérienne, utilise la lumière et des molécules photosensibles, appelées photosensibilisateurs, pour produire des espèces réactives de l'oxygène qui peuvent tuer les micro-organismes en perturbant leurs processus métaboliques. L’équipe utilise ici la curcumine, comme molécule photosensible, la curcumine étant également un aliment naturel pour les bactéries.

 

Première preuve de concept : l’approche testée sur une souche résistante de Staphylococcus aureus résistantes à l'amoxicilline, à l'érythromycine et à la gentamicine révèle que la concentration minimale d'antibiotiques nécessaire pour tuer les bactéries après exposition à la lumière est considérablement réduite.

 

« Lorsque nous avons une population mixte de bactéries dont certaines sont résistantes, nous pouvons utiliser l’inactivation photodynamique pour réduire la concentration bactérienne, laissant derrière nous des souches qui sont plus ou moins similaires dans leur réponse aux antibiotiques. Il devient beaucoup plus facile de prédire la dose précise d’antibiotique nécessaire pour éliminer l’infection ».

 

Un potentiel énorme : l’équipe note que cette approche d’inactivation photodynamique à l’aide de la curcumine a un potentiel énorme comme adjuvant ou thérapie combinée à l’antibiothérapie, en particulier pour traiter des infections résistantes comme la pneumonie, causées par des bactéries résistantes aux antibiotiques.

 

« L’inactivation photodynamique offre une option de traitement rentable. Elle permet également des applications en médecine militaire, où elle pourrait être utilisée pour traiter les blessures et prévenir le développement et la propagation de la résistance aux antimicrobiens ».

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