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RUNNING : Ce sont les coureurs les plus lents qui bénéficient le plus de la technologie

Actualité publiée il y a 4 mois 3 semaines 5 jours
Frontiers in Physiology
Ces technologies du sport profitent en réalité plus aux coureurs les plus lents et les moins chevronnés.

Cette recherche, rigoureuse, d’une équipe de l’Université du Colorado à Boulder démontre que les chaussures de haute technologie, les suppléments nutritionnels ou autres moyens d'améliorer les performances de la course à pieds ou running, ne sont pas réservés à une élite. Ces technologies profitent en réalité plus aux coureurs les plus lents et les moins chevronnés. Bref, pour différentes raisons, selon ces conclusions présentées dans la revue Frontiers in Physiology, les débutants ou les coureurs les moins rapides ont tout intérêt aussi à s’entraîner avec de bonnes chaussures et une tenue adéquate.    

 

A quel point l'amélioration de l'économie de l’exercice ou le nombre de calories brûlées par seconde contribue à améliorer votre vitesse ? L'auteur principal Shalaya Kipp, ancien étudiant diplômé du Département de physiologie intégrative de l’Université du Colorado constate ici, avec son équipe, qu'à des vitesses plus rapides, l'amélioration de « l’économie de la course » via l’équipement notamment, est bien plus efficace chez les sportifs qui courent à des vitesses plus faibles.

 

La question a notamment suscité l'intérêt de la communauté du running en juillet 2017, lorsque Nike a lancé sa chaussure Zoom Vaporfly qui, grâce à sa semelle, améliore l'économie de la course de 4% en moyenne. Il a été alors suggéré que tout coureur adoptant ces chaussures pourrait, globalement, franchir la ligne d'arrivée 4% plus vite. Ici les chercheurs réévaluent cette relation et constatent qu’elle n’est pas si simple et si linéaire.   

 

Il s’agit d’une nouvelle analyse des données d’études, publiées depuis des dizaines d’années, menées sur tapis roulant avec des participants coureurs et prenant en compte l’ensemble des facteurs environnementaux, comme la résistance de l'air et la vitesse d'absorption de l'oxygène qui impactent la performance. Les auteurs ont pris en compte la taille, le poids, l’amélioration en pourcentage de l’économie de la course et la cadence de base pour l’ensemble des participants. Cette analyse conclut que,

  • pour les coureurs qui courent à moins de 10 km/heure toute amélioration en pourcentage de l'économie de la course à pied (amélioration des chaussures, suppléments nutritionnels, vent arrière, etc…) se traduit par une amélioration de l vitesse de la course ;
  • par exemple, pour ces coureurs plutôt « lents », une amélioration de 1% de l'économie de la course lui permettrait de gagner 3 minutes et 7 secondes sur son temps, pour un marathonien de 4 heures 30 environ ;
  • pour les coureurs qui courent plus vite que 10 km/heure, chaque pourcentage d'amélioration de la consommation d'énergie du corps (ou économie de l’exercice) entraîne une amélioration inférieure, soit une amélioration de seulement 47 secondes pour le même marathon.

 

 

Un résultat somme toute logique, les coureurs débutants ou les plus lents, ayant, a priori, une marge plus importante d’amélioration. Mais alors que la plupart du temps, ces coureurs « récréatifs » ne jugent pas nécessaire de s’équiper des meilleures chaussures, pensant que ces équipements sont réservés aux athlètes, c’est bien eux qui pourraient en bénéficier le plus : pour un coureur plus lent, enfiler une paire de chaussures améliorant l'économie de la course de 4% peut en effet en réalité se traduire par une amélioration pouvant aller jusqu'à 5% du temps d'arrivée. D'autres mesures permettant d’augmenter l'efficacité métabolique, peuvent également contribuer à augmenter significativement la vitesse.

 

Mais, en synthèse, plus vous êtes rapide, plus il est difficile d'aller plus vite. Ainsi, avec la fameuse chaussure Nike « -4% », le record du monde de marathon ne s'est amélioré que de 1,03%.