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SANTÉ de la REPRODUCTION : Ces toxines environnementales qui polluent le sperme

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 6 jours
Environmental Health Perspectives
Les toxines environnementales mettent-elles en danger les générations futures ? (Visuel Adobe Stock 285520372)

Les toxines environnementales mettent-elles en danger les générations futures ? Oui, répond cette équipe de biologistes de l’Université McGill (Montréal) : l'exposition au DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) peut déclencher des modifications de l'épigénome héréditaire des spermatozoïdes et augmenter le risque de malformations congénitales et de maladies chez les générations futures. Ces travaux, présentés dans la revue Environmental Health Perspectives, démontrent ainsi un lien entre l'exposition à long terme au DDT et les taux accrus d'anomalies congénitales et de maladies, notamment de troubles neurodéveloppementaux et métaboliques.

 

L’étude alerte donc sur les complications possibles en matière de reproduction et de santé chez les humains, aujourd'hui et pour les générations futures, des complications liées aux expositions des pères aux toxines environnementales, dont notamment le DDT. Elle identifie des changements critiques, en particulier dans les gènes vitaux pour la fertilité, le développement de l'embryon, le développement neurologique et la régulation hormonale qui peuvent expliquer l’incidence accrue des troubles neurodéveloppementaux et métaboliques.

 

L’auteur principal, le Dr Ariane Lismer, du Département de pharmacologie et thérapeutique de McGill, commente ces résultats : « nous démontrons que la réponse de l'épigénome des spermatozoïdes aux toxines pourrait être liée à une incidence accrue de certaines maladies pour les prochaines générations. S’il existe de nombreuses études menées chez l’animal ayant révélé ces effets, c’est l’une des premières études chez l'Homme documentant ces effets des toxines sur l'épigénome des spermatozoïdes ».

 

Et contre le paludisme ? Alors que le DDT est toujours largement utilisé dans certains pays africains pour lutter contre le paludisme, l’étude souligne aussi l’urgence de trouver d’autres moyens de contrôle des maladies à transmission vectorielle. Le défi est complexe, car « la réalité est que des personnes, notamment de jeunes enfants et des femmes enceintes, continuent de mourir du paludisme. Nous ne pouvons pas non plus nous permettre que les habitants des régions où le paludisme est endémique augmentent leur risque de contracter le paludisme ».

 

Le réchauffement climatique ne va pas "aider" : le changement climatique va mécaniquement accroître l’exposition au DTT : l’insecticide peut parcourir de grandes distances grâce à

ce que l'on appelle « l'effet sauterelle », en s'évaporant avec l'air chaud et en revenant sur Terre

avec la pluie et la neige dans les régions plus froides...

 

Enfin, ces résultats soulignent également l’importance de mieux prendre en compte le rôle des pères dans les réflexions sur le développement des enfants. S'il est communément admis que les femmes devraient éviter d'être exposées aux contaminants environnementaux pendant la grossesse, on accorde moins d'attention à la manière dont ces toxines peuvent aussi affecter les pères.

 

La moitié du génome et de l’épigénome du bébé provient du père. « Et ce qu’apporte cet épigénome dans le développement de l'embryon est essentiel au développement normal ».

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