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SÉCHERESSE OCULAIRE : L'acide hyaluronique pour la prévenir ?

Actualité publiée il y a 2 mois 2 semaines 1 jour
NEI
Le repositionnement de l'acide hyaluronique apparaît prometteur dans la prévention de la sécheresse oculaire (Visuel Adobe Stock 204995224)

Déjà utilisé pour réduire les rides, l'acide hyaluronique ou hyaluronane est passé à la loupe par cette équipe du College of Optometry de l’Université de Houston (UH) qui explore les avantages du composé dans la prévention de la sécheresse oculaire. Alors que la condition affecte des centaines de millions de personnes, dont plus de 21 millions aux seuls États-Unis, qu’il existe peu de traitements efficaces, que la prévalence s’accroît avec le vieillissement des populations, le repositionnement de l'acide hyaluronique apparaît ici une option prometteuse.

 

Les larmes seules ne suffisent pas à empêcher l'œil de se dessécher. Un film d'huile connu sous le nom de couche lipidique du film lacrymal est essentiel pour l’empêcher de s'évaporer. La sécheresse oculaire, causée par des anomalies dans le liquide lacrymal entraîne des zones sèches au-dessus de la cornée, la couche externe transparente de l'œil. Dans les cas les plus sévères, la maladie peut causer une douleur oculaire invalidante et une sensibilité à la lumière.

Les options de traitement pour la sècheresse oculaire sont limitées

Seuls 2 médicaments sont actuellement approuvés pour traiter la sécheresse oculaire, et ils ne sont pas efficaces chez tous les patients. Disposer d’un nouveau traitement répond donc à un véritable besoin, le repositionnement d’un médicament existant permettrait de plus de gagner du temps.

 

Les glandes de Meibomius en cause : ces glandes sébacées, situées au bord des paupières, qui produisent une grande partie des lipides du liquide lacrymal, subissent des changements liés à l'âge qui peuvent contribuer à expliquer la maladie. Des études cliniques suggèrent que 85% de tous les cas de sécheresse oculaire sont causés par une forme de dysfonctionnement des glandes de Meibomius.

 

L'étude : l’équipe du Pr Vivien Coulson-Thomas, professeur agrégé d'optométrie à l'Université de Houston montre ici que la matrice extracellulaire qui entoure et soutient les glandes de Meibomius est riche en hyaluronane (HA), qui contribue à la protéger et la lubrifier. Alors que l’HA est largement utilisé pour traiter de nombreuses conditions, qu’il peut même être appliqué sans danger autour des yeux et dans les paupières afin de réduire les rides, l’équipe, soutenue par le National Eye Institute (NEI/NIH) suggère que le composé pourrait prévenir les effets liés à l'âge sur les glandes de Meibomius et prévenir ainsi le risque de sècheresse oculaire.

 

  • Ces travaux, à ce stade in vitro, montrent qu’une augmentation de l'expression de HA dans et autour de la glande, permet de maintenir des cellules progénitrices viables qui, à leur tour, empêchent sa dégradation liée à l'âge. Si, plus simplement, l'administration d'hyaluronane dans les paupières pouvait être utilisée pour prévenir la sécheresse oculaire, ce serait une « première ».

 

« Il a déjà été démontré cliniquement que les applications répétées d'HA dans la paupière sont très bien tolérées avec des effets secondaires négligeables », rappelle l’auteur, « ainsi, ce traitement déjà disponible et approuvé dans d’autres indications apparaît une option prometteuse pour prévenir le vieillissement de la glande de Meibomius ».