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SYNDROME de FATIGUE CHRONIQUE : Des circuits biologiques communs à 5 grandes maladies

Actualité publiée il y a 12 heures 12 min 4 sec
Journal of Translational Medicine
Le syndrome de fatigue chronique, le Covid long, le trouble de stress post-traumatique, la polyarthrite rhumatoïde et la sclérose en plaques semblent partager des réseaux de régulation biologique communs (Visuel Adobe Stock 690908362)

Le syndrome de fatigue chronique, le Covid long, le trouble de stress post-traumatique, la polyarthrite rhumatoïde et la sclérose en plaques semblent partager des réseaux de régulation biologique communs, en dépit de déclencheurs totalement différents. Cette analyse menée par une équipe de la Norwich Medical School de l'université d'East Anglia, soutenue par l'entreprise Oxford BioDynamics (qui commercialise déjà un test), publiée dans le Journal of Translational Medicine, contribue à « confirmer » et à expliquer une fatigue souvent cliniquement mal reconnue.

 

Ces 5 affections, le syndrome de fatigue chronique (SFC), le Covid long, le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) la polyarthrite rhumatoïde et la sclérose en plaques sont déclenchées par des événements sans rapport entre eux. Le syndrome de fatigue chronique fait souvent suite à une infection virale, le Covid long à une infection par le SARS-CoV-2, le trouble de stress post-traumatique à une expérience traumatisante. La polyarthrite rhumatoïde attaque les articulations, la sclérose en plaques, le système nerveux.

 

L’un des auteurs principaux, le Dr Dmitry Pshezhetskiy relève cependant :

« Les patients rapportent fréquemment des symptômes remarquablement similaires : fatigue écrasante, brouillard mental, difficultés de concentration, sommeil perturbé, dysfonction du système nerveux autonome et réduction spectaculaire du fonctionnement quotidien ».

L'architecture du génome plutôt que sa séquence

Cette étude adopte une nouvelle approche, distincte de l'analyse classique de séquences d'ADN, en l'architecture tridimensionnelle du génome, c'est-à-dire la façon dont l'ADN se replie et interagit dans la cellule vivante. Elle combine des données génomiques déjà publiées pour 4 de ces maladies, issues d'études d'association pangénomique, avec des données tridimensionnelles provenant d'une étude antérieure sur le syndrome de fatigue chronique. L'analyse révèle que :

 

  • au niveau des gènes pris isolément, le recouvrement entre les 5 maladies s'avère étonnamment faible ;
  • en revanche, lorsque l'on considère la façon dont ces gènes interagissent en réseaux, les maladies apparaissent profondément connectées ;
  • les gènes associés à chaque affection alimentent les mêmes grands systèmes biologiques : signalisation immunitaire et inflammatoire, production d'énergie mitochondriale, régulation métabolique, mécanismes de réponse au stress et signalisation neuroendocrine ;
  • plusieurs gènes centraux ressortent, impliqués dans la régulation immunitaire, la signalisation inflammatoire et la production d'énergie ;
  • pour le syndrome de fatigue chronique, le gène LAG3 est signalé comme un gène clé, qui contribue notamment à l’épuisement des lymphocytes T.

 

Alors pourquoi un virus et un traumatisme produiraient les mêmes symptômes ? Une infection Covid peut déclencher une activation immunitaire prolongée. Un stress traumatique peut perturber les voies des hormones du stress et les réponses inflammatoires. Mais les 2 perturbations semblent capables de converger vers des circuits biologiques communs contrôlant la production d'énergie, la régulation immunitaire et la résilience cellulaire.

Ainsi, dans ces 5 maladies, la fatigue chronique ne serait pas un symptôme parmi d'autres, mais la manifestation visible d'une défaillance de systèmes.

Quelles implications ?

L'application la plus immédiate est diagnostique. Le syndrome de fatigue chronique et le Covid long se diagnostiquent aujourd'hui à partir des symptômes déclarés par le patient, et sans test biologique universellement reconnu, ce qui laisse de nombreux patients dans une incertitude prolongée et parfois face au doute de leur entourage médical. Des tests sanguins objectifs identifiant des signatures biologiques permettraient de mieux détecter et reconnaître le syndrome de fatigue chronique.

 

Si les gènes identifiés demandent encore à être confirmés, pour les des patients toujours en attente de reconnaissance et de solutions, c'est l’espoir d’une piste prometteuse, mais pas encore d’une avancée diagnostique ou clinique.