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TABAGISME : Arrêter même tard dans la vie préserve la cognition

Actualité publiée il y a 1 jour 10 heures 2 min
The Lancet Healthy Longevity
L'arrêt du tabac pourrait être une stratégie préventive contre les troubles cérébrovasculaires et les démences (Visuel Adobe Stock 48753892)

Cette équipe de l’University College London (UCL) confirme combien le tabagisme peut nuire à la santé cognitive et rappelle, en pratique, qu’arrêter de fumer, même tard dans la vie, est associé à un ralentissement du déclin cognitif. Alors que le ralentissement du déclin cognitif est associé à une réduction du risque de démence, ces résultats, publiés dans le Lancet Healthy Longevity, s'ajoutent à un nombre croissant de preuves suggérant que l'arrêt du tabac pourrait être une stratégie préventive contre les troubles cérébrovasculaires et les démences.

 

L'étude analyse les données de 9.436 participants de 12 pays, âgés de 40 ans ou plus, âgés en moyenne de 58 ans et a comparé les résultats aux tests cognitifs de ceux ayant arrêté de fumer vs témoins appariés toujours fumeurs. L’analyse constate que :

 

  • les scores cognitifs des participants ayant arrêté ont diminué significativement moins que ceux de leurs homologues fumeurs au cours des 6 années suivant l'arrêt ;
  • pour la fluidité verbale, le taux de déclin a diminué d'environ la moitié, tandis que pour la mémoire, il a ralenti de 20 %.

 

L'auteur principal, le Dr Mikaela Bloomberg de l’Institut d'épidémiologie et de soins de santé de l'UCL, commente ces résultats : « Notre étude suggère que l'arrêt du tabac peut contribuer à maintenir une meilleure santé cognitive à long terme, même après 50 ans ou plus. Nous savons déjà que l'arrêt du tabac, même tardif, s'accompagne souvent d'une amélioration de la santé physique et du bien-être. Il semble bénéfique également pour notre santé cognitive ».

 

Quelles implications ? Sensibiliser à ce résultat est particulièrement important car les fumeurs d'âge moyen et plus âgés sont moins susceptibles d'essayer d'arrêter que les groupes plus jeunes, et pourtant, ils subissent de manière disproportionnée les méfaits du tabac. Les preuves démontrant que l'arrêt du tabac peut favoriser la santé cognitive pourraient constituer

une nouvelle motivation pour ce groupe d’âge.

Quelle explication ? Le tabagisme nuit à la santé cérébrale, notamment en raison de ses effets sur la santé cardiovasculaire et précisément, cérébrovasculaire : il endommage les vaisseaux sanguins qui alimentent le cerveau en oxygène. Il est également soupçonné d'affecter la santé cognitive en provoquant une inflammation chronique et en endommageant directement les cellules cérébrales par le stress oxydatif (lié à la création de molécules instables appelées radicaux libres).

 « Un déclin cognitif plus lent est associé à un risque moindre de démence.

Ces résultats viennent étayer les arguments suggérant que l'arrêt du tabac pourrait constituer une stratégie préventive contre les démences. Cependant, des recherches supplémentaires portant spécifiquement sur la démence seront nécessaires pour confirmer cette hypothèse. »

 

Pour répondre à cette question, l'équipe de recherche a examiné les données de 3 études en cours couvrant l'Angleterre, les États-Unis et 10 autres pays européens, dans lesquelles plus de 4.700 participants ayant arrêté de fumer ont été comparés à un nombre égal de témoins ayant continué à fumer. Les deux groupes ont été appariés sur la base de leurs scores cognitifs initiaux et d'autres facteurs tels que l'âge, le sexe, le niveau d'éducation et le pays de naissance. Cette nouvelle analyse constate que :

 

  • les scores des 2 groupes aux tests de mémoire et de fluidité verbale ont diminué à un rythme similaire au cours des 6 années précédant l'arrêt du tabac ;
  • cependant, ces trajectoires ont ensuite divergé au cours des 6 années suivant l'arrêt du tabac :
  • chez les fumeurs ayant arrêté, le taux de déclin était environ 20 % plus lent pour la mémoire et 50 % plus lent pour la fluence verbale ;

concrètement, cela signifie que :

  • avec chaque année de vieillissement, les personnes ayant arrêté de fumer présentent 3 à 4 mois de perte de mémoire et jusqu'à 6 mois de perte de fluidité verbale en moins que celles ayant continué à fumer.

 

S’il s’agit d’une étude d’observation, qui ne démontre donc pas la relation de cause à effet, les résultats concordent avec ceux de précédentes recherches ayant montré que les adultes de plus de 65 ans ayant arrêté de fumer au début ou au milieu de leur vie présentent des scores cognitifs comparables à ceux des personnes n'ayant jamais fumé.

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