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TABAGISME : Contre ses symptômes respiratoires, les bronchodilatateurs ne peuvent rien

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 2 semaines
NEJM
Environ 20 à 40 % des adultes présentant des symptômes de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) mais qui ne sont pas diagnostiqués avec cette maladie, notamment des fumeurs, utilisent des inhalateurs de bronchodilatateurs sur une longue durée (Visuel Adobe Stock 181476510)

Environ 20 à 40 % des adultes présentant des symptômes de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) mais qui ne sont pas diagnostiqués avec cette maladie, notamment des fumeurs, utilisent des inhalateurs de bronchodilatateurs sur une longue durée. Cependant, conclut cette étude menée à l’Université de Californie San Francisco (UCSF), soutenue par les National Heart, Lung and Blood Institute (NHLBI/NIH), à paraître dans le New England Journal of Medicine (NEJM) : ces inhalateurs qui détendent les voies respiratoires et facilitent la respiration « ne font pas grand-chose pour aider les personnes qui n'ont pas de MPOC et qui souffrent, en fait, de symptômes respiratoires liés au tabagisme".

 

La MPOC obstrue les voies respiratoires et entraîne une toux, une respiration sifflante et l’essoufflement. Cependant, des millions de personnes qui ne sont pas diagnostiquées de la maladie, mais fument ou fumaient, souffrent de symptômes similaires. Parmi ces personnes, nombreuses sont celles se voient prescrire des bronchodilatateurs.

 

Les inhalateurs constituent le traitement de référence pour ces patients, car les médecins supposent que ces patients sont soit atteints de MPOC et que s’ils ne l’étaient pas, leurs symptômes liés au tabagisme pourraient être atténués par les inhalateurs.

 

Le tabagisme provoque un large éventail de lésions pulmonaires, cependant

la thérapie bronchodilatatrice n'aide que les fumeurs présentant des lésions suffisamment importantes

détectables à la spirométrie.

 

L’étude, randomisée en double aveugle, menée sur une durée de 12 semaines auprès de 535 participants présentant des symptômes de MPOC, âgés de 40 à 80 ans, utilisant 2 fois par jour un inhalateur contenant soit un médicament, soit un placebo, révèle que :

 

  • certains participants, des 2 groupes d’intervention et de contrôle ont connu de légères améliorations respiratoires (dont les manifestations étaient une toux, des mucosités et/ou un essoufflement réduits tels qu’évalués par le St. George's Questionnaire) ;
  • aucune différence significative cependant n’est constatée entre ceux qui recevaient des médicaments vs un placebo : 56 % des participants traités ont constaté une amélioration de leurs symptômes respiratoires vs 59 % des témoins.

« Ces médicaments ne fonctionnent pas pour ces patients, exempts de BPCO »,

concluent les chercheurs.

 

Des implications importantes : ces résultats montrent la nécessité d'une détection et d'un diagnostic des affections pulmonaires par spirométrie, un test objectif de la fonction pulmonaire, sous-utilisé en pratique clinique. Ensuite, il existe un besoin considérable de nouvelles thérapies efficaces pour les patients sans MPOC mais qui souffrent de symptômes comparables.

« Nous ne pouvons pas continuer à traiter ces patients fumeurs exempts de MPOC ainsi, sans faire préalablement une spirométrie et nous attendre à une amélioration… ».

  1. Tout patient qui présente des signes de MPOC, d'obstruction des voies respiratoires ou qui a des antécédents de tabagisme devrait donc passer une spirométrie ;
  2. par ailleurs, aider les patients à arrêter de fumer est le principal moyen de prévenir la MPOC ou les symptômes similaires : environ un fumeur actuel ou ancien sans MPOC souffre d’essoufflement ;
  3. les médecins pourraient également aider les patients qui ne répondent pas aux critères de la MPOC en à résoudre tout autre facteur sous-jacent à ces symptômes, comme le surpoids et l'obésité, l'insuffisance cardiaque ou d'autres problèmes pulmonaires ;
  4. il est urgent de travailler au développement de nouvelles thérapies mieux ciblées pour ce groupe de patients.
  5. Enfin, cibler plutôt les mucosités est également une option thérapeutique utile pour ces patients.

 

Cibler plutôt la production de mucus : « Parce que la toux et la production de mucus sont des symptômes handicapants chez ces patients, les thérapies qui ciblent la production de mucus dans les voies respiratoires pourraient être bienvenues ». Des thérapies de ce type sont déjà en cours de développement.