TRAUMA CÉRÉBRAL et risque de suicide
Cette nouvelle recherche, menée à l’Université de Birmingham révèle un lien entre les traumatismes crâniens et le suicide : ainsi, selon ces conclusions présentées dans la revue Neurology, subir un tel traumatisme est associé à un risque accru de tentative de suicide (TS).
L’étude, la première à examiner le risque de suicide pour tous les types de traumatismes crâniens et en population générale, analyse ainsi les données de plus de 1,8 million de participants, suivis sur une période de 20 ans. Cette analyse révèle que :
- les personnes ayant subi un traumatisme crânien avaient 21 % plus de risques de tenter de se suicider que celles n'en ayant pas subi ;
- ces résultats valent même après prise en compte des facteurs de confusion possibles, dont l'âge, le sexe, le niveau de précarité et les antécédents de santé mentale ;
- le taux d'incidence des TS s’élève à 2,4 pour 1.000 personnes-années chez les personnes ayant subi un traumatisme crânien vs 1,6 pour 1.000 personnes-années dans le groupe témoin ;
- ce risque accru est observé dans tous les sous-groupes, y compris chez les personnes sans antécédents de troubles mentaux, ce qui souligne que les traumatismes crâniens, à eux seuls, impliquent
une vulnérabilité psychologique accrue ;
- enfin, si l’augmentation du risque de suicide chez les personnes ayant subi un traumatisme crânien se tasse avec le temps, le niveau de risque de TS reste supérieur à celui des personnes n’ayant pas subi ce type de traumatismes ;
- la précarité sociale et les antécédents de troubles mentaux amplifient encore le risque de TS ;
- si les TS sont plus fréquentes chez les personnes ayant subi un traumatisme crânien, l'étude ne met pas en évidence une augmentation significative des décès par suicide après prise en compte d'autres facteurs de risque, tels que les autres causes de décès possibles : cela suggère que les traumatismes crâniens pourraient entraîner
des TS plus fréquentes, mais non ou moins mortelles.
L’un des auteurs principaux, le Dr Nicola Adderley, professeur d'épidémiologie à l'Université de Birmingham, résume : « nos résultats montrent que l'impact des traumatismes crâniens ne se limite pas aux seuls symptômes ou répercussions physiques. Ces traumatismes peuvent avoir de profondes conséquences psychologiques. Une évaluation du risque suicidaire devrait être envisagée pour toute personne ayant subi un traumatisme crânien récent, quels que soient ses antécédents de santé mentale, afin d'améliorer et de préserver la prise en charge de ces patients ».
« Il convient d'approfondir les recherches sur les modes de prévention du risque suicidaire chez les personnes ayant subi un traumatisme crânien, notamment au cours des 12 premiers mois suivant le traumatisme et indépendamment de leurs antécédents de santé mentale », concluent les auteurs.
Autres actualités sur le même thème
COGNITION et AVC : Un lien jusque-là insoupçonné
Actualité publiée il y a 1 année 8 moisLa DÉPRESSION chez la mère impacte le Q.I. de l’enfant
Actualité publiée il y a 7 années 9 moisJournée mondiale de l'ÉPILEPSIE : 4 axes pour une meilleure maîtrise des crises
Actualité publiée il y a 10 années 1 moisGROSSESSE : Le régime cétogène protège du stress in utero
Actualité publiée il y a 3 mois 3 semaines



