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VACCIN anti-VIH et anti-COVID : Un adjuvant permet de prolonger l’immunité

Actualité publiée il y a 5 mois 1 semaine 4 jours
Science Immunology
« Cet adjuvant « d'élite » pourrait façonner la vaccination au 21e siècle » (AdobeStock_336028162)

Ces chercheurs du Yerkes National Primate Research Center et de l'Emory Vaccine Center (EVC) sont les premiers à développer et à démontrer qu'un nouvel adjuvant, 3M-052, permet d’induire une immunité durable contre le VIH. Ces résultats publiés dans la revue Science Immunology et qui appellent à de prochains essais cliniques ont des implications également dans le développement du vaccin anti-COVID-19.

 

Les vaccins -et c’est leur fonction- induisent des réponses puissantes à court terme, en revanche le maintien soutenu et durable de cette réponse par anticorps reste un défi. Cette durabilité dépend non seulement de l'antigène mais également des adjuvants utilisés dans le vaccin.

« Cet adjuvant « d'élite » pourrait façonner la vaccination au 21e siècle »

Ici, l’équipe de Géorgie a utilisé une nanoparticule et une formulation cliniquement applicable d’un agoniste de TLR7 / 8, nommé « 3M-052 », pour promouvoir ou optimiser la réponse d'anticorps en réponse à un vaccin protéique d'enveloppe du VIH-1 (Env). L’étude, préclinique est menée chez 90 macaques rhésus. Les récepteurs TLR7 et TLR8 détectent différents produits ou fragments microbiens et sont connus pour leur rôle clé dans les réponses immunitaires innée et adaptative. Ici, les chercheurs montrent que la vaccination avec l’adjuvant 3M-052 permet d’installer une réponse d'anticorps durable toujours détectable un an après la vaccination : précisément, 3M-052, qui cible ces récepteurs spécifiques (TLR 7/8), induit des cellules plasmatiques de la moelle osseuse à longue durée de vie spécifiques au vaccin et essentielles pour une immunité durable. L’étude montre que ces cellules sont maintenues en grande concentration pendant plus d'un an après la vaccination.

 

L’adjuvant 3M-052 s’avère ainsi « capable » de déclencher mais aussi de maintenir des réponses plasmatiques à longue durée de vie. Cette durabilité est non seulement précieuse pour l’efficacité des vaccins eux-mêmes, mais également pour surveiller l'efficacité préclinique des vaccins candidats et sélectionner les meilleurs candidats. L’auteur principal, le Dr Sudhir Pai Kasturi, professeur de pathologie et de médecine de laboratoire commente ces résultats : « Nous savons que les adjuvants sont des suppléments essentiels pour stimuler l'immunité et permettent d’améliorer l'efficacité des vaccins. Jusqu'à présent, cependant, on ne savait pas quelle classe particulière d'adjuvants peut promouvoir une immunité stable et de longue durée ».

 

Alors que l’une des clés d'un vaccin réussi est la durabilité de la réponse immunitaire, que les anticorps constituent la première ligne de défense contre les agents pathogènes, que les niveaux d'anticorps sont maintenus par la génération de plasmocytes à longue durée de vie qui résident dans la moelle osseuse, l’étude confirme l’efficacité de l'adjuvant sur l’ensemble des étapes de ce processus.

 

La découverte a des implications pour le développement de vaccins efficaces contre le VIH, mais aussi contre la grippe et tout particulièrement contre COVID -19.