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VACCIN COVID-19 : Sur l'interruption temporaire des immunosuppresseurs pour booster la réponse anticorps

Actualité publiée il y a 7 mois 1 semaine 1 jour
The Lancet Respiratory Medicine
Chez les patients suivant un traitement immunosuppresseur,  il est efficace et sécure d’interrompre le traitement durant les 2 semaines qui suivent le rappel de vaccination COVID-19 (Visuel Adobe Stock 439627858)

Chez les patients suivant un traitement immunosuppresseur,

il est efficace et sécure d’interrompre le traitement immunosuppresseur durant les 2 semaines qui suivent le rappel de vaccination COVID-19, suggère cette équipe d’immunologues de Université de Nottingham : cet essai clinique majeur, publié dans le Lancet Respiratory Medicine, révèle même chez ces patients, une réponse anticorps à la vaccination jusqu'à multipliée par 2.

 

Ces experts de Nottingham avec des collègues de plusieurs universités et hôpitaux du NHS suggèrent ainsi d’interrompre, sous indication et surveillance médicales bien sûr, le traitement immunosuppresseur durant 2 semaines après la vaccination, pour booster la réponse anticorps au rappel vaccinal.

De vraies implications pour les patients sous immunosuppresseurs

L'essai Vaccine Response On Off Methotrexate (VROOM) est mené auprès de 254 participants, prenant du méthotrexate, le médicament immunosuppresseur le plus couramment utilisé- pour traiter notamment des affections inflammatoires telles que la polyarthrite rhumatoïde et des affections cutanées telles que le psoriasis. Ces participants faisaient également partie du groupe, plus large, de personnes considérées comme « cliniquement extrêmement vulnérables » et donc invitées à se protéger et à se faire vacciner dès le début de la première phase de la pandémie de COVID-19. Si le méthotrexate est devenu le traitement de première ligne pour de nombreuses maladies, il réduit la capacité du corps à combattre les infections et à générer une réponse robuste aux vaccins contre la grippe et la pneumonie, ainsi que contre le COVID-19.

 

Les chercheurs ont évalué l'impact de l'interruption du traitement pendant 2 semaines après une vaccination de rappel COVID-19, sur les réponses vaccinales de ces participants atteints de maladies inflammatoires auto-immunes. 172 participants ont été invités à suspendre l'utilisation du méthotrexate pendant deux semaines et 127 ont poursuivi normalement leur traitement. L'équipe a comparé les niveaux d'anticorps entre les 2 groupes 4 et 12 semaines après le rappel de vaccin COVID-19 :

 

  • à 4 et 12 semaines, le niveau d'anticorps est plus de 2 fois plus élevé dans le groupe d’intervention (suspension du traitement durant 2 semaines) après la vaccination, vs groupe témoin ;
  • si le groupe d’intervention présente une légère aggravation du contrôle de la maladie auto-immune en semaine 4, l’état de santé se normalise ensuite vers la semaine 12 ;
  • aucun impact sur la qualité de vie ou l'état de santé général n’est relevé, avec la suspension du traitement immunosuppresseur.

 

Ce sont des résultats préliminaires, et les participants subiront une prochaine évaluation 6 mois après leur rappel de vaccination. Cependant ce doublement de la réponse anticorps chez les patients qui ont suspendu la prise de méthotrexate pendant 2 semaines, sans impact négatif sur la qualité de vie, constitue une piste très prometteuse pour améliorer considérablement la protection apportée par la vaccination COVID-19. Ce résultat est d'autant plus remarquable qu'il concerne des groupes de population particulièrement vulnérables.

 

« Nos résultats montrent un doublement des niveaux d'anticorps, une augmentation qui s'est maintenue à 12 semaines. Cela a des implications importantes pour la future stratégie de vaccination chez les patients immunodéprimés ».