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VACCIN COVID : La réponse nous monte au nez

Actualité publiée il y a 2 semaines 6 jours 15 heures
Journal of Allergy and Clinical Immunology
Les vaccins COVID-19 à ARNm produisent une réponse anticorps forte dans la muqueuse nasale (Visuel Adobe Stock 401209002)

Les vaccins COVID-19 à ARNm produisent une réponse anticorps forte dans la muqueuse nasale, révèle cette étude menée par une équipe de l'Université de Caroline du Nord (UNC). L’étude publiée dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology, apporte une nouvelle compréhension des anticorps spécifiques au virus dans le nez et de leur capacité à prévenir l'infection et soutient le principe du rappel intranasal pour renforcer les anticorps de la muqueuse nasale.

Avec des implications possibles pour d’autres virus respiratoires.

 

Dans l'ensemble, la vaccination de rappel intranasale après un amorçage intramusculaire peut contribuer de manière significative à prévenir les infections respiratoires en conférant une immunité à la muqueuse et en neutralisant les agents pathogènes directement au site de l'infection, expliquent les chercheurs, qui reprennent ainsi un principe déjà documenté par de précédentes études : « Le point d’entrée du virus, c’est le nez » et notre nez est peut-être aussi notre meilleur allié dans la lutte contre le SRAS-Cov-2 -et d’autres infections respiratoires.

Les virus respiratoires sont connus pour leur capacité à pénétrer dans le corps par les yeux, le nez ou la bouche.

Notre corps le sait aussi. La cavité nasale est donc bien équipée de mucus collant qui piège les agents pathogènes et sert de site de surveillance et de signalisation aux cellules immunitaires.

 

L’étude qui révèle que la vaccination par l'ARNm du SARS-CoV-2 induit une forte réponse immunitaire dans la muqueuse de la cavité nasale suggère que la stimulation intranasale après l'amorçage intramusculaire pourrait, en particulier chez les personnes plus fragiles, réduire considérablement le risque d'infection, tout en offrant une immunité contre plusieurs variantes.

 

L’auteur principal, Megan Rebuli, professeur de pédiatrie et chercheur à l'UNC explique que les vaccins à ARNm utilisent un ARNm viral modifié pour apprendre à nos cellules à reconnaître et à déclencher une réponse immunitaire lorsque le virus envahit notre corps par le nez ou la bouche. Cette réponse immunitaire produit des cellules appelées anticorps qui peuvent neutraliser ou empêcher le virus de se répliquer. Alors que le SARS-CoV-2 et les autres virus renforcent peu à peu leur capacité à échapper au système immunitaire et augmenté leur transmissibilité, les méthodes de vaccination doivent elles-aussi évoluer pour prévenir l'infection et stimuler la réponse immunitaire.

 

La production d'anticorps induite par les vaccins à ARNm dans le nez favorise-t-elle la neutralisation du virus ?

Les chercheurs ont prélevé des échantillons de sang et de liquide de la muqueuse épithéliale nasale sur des participants en bonne santé, avant la vaccination, entre la première et la deuxième vaccination, et deux semaines après avoir reçu leur 2è dose. Les résultats ont ensuite été comparés en fonction du statut vaccinal, du sexe et du vaccin utilisé. Les chercheurs ont d’abord comparé les concentrations de 2 anticorps différents, appelés IgA et IgG, avant et après la vaccination. L'IgG est plus souvent mesurée dans le sang et l'IgA est plus répandue dans la muqueuse nasale, mais les 2 types peuvent être trouvés dans d'autres muqueuses du corps, y compris dans le tractus gastro-intestinal.

 

  • Les concentrations d'IgA dans les échantillons de sang et les concentrations d'IgG dans les échantillons de mucus nasal étaient plus élevées chez les participants vaccinés, avec des différences en fonction des vaccins utilisés.
  • Si la présence d'anticorps dans la muqueuse nasale apparaît prometteuse, la détection seule n’est pas suffisante à confirmer l’efficacité ou la fonction de ces anticorps à neutraliser virus. Mais les chercheurs ont ensuite découvert que
  • les anticorps induits par le vaccin dans la cavité nasale étaient capables de mieux neutraliser le virus que les anticorps présents dans le sang ;
  • les IgA démontrent également une neutralisation accrue par rapport aux IgG dans le nez, cela peut suggérer que pour augmenter les niveaux d'IgA dans la muqueuse nasale et la neutralisation virale, les futurs vaccins intranasaux pourraient bénéficier de cibler la région S2 du virus à laquelle se lient les IgA.

 

« Comme la sous-unité S2 est une région conservée dans les variantes du SRAS-CoV-2, une meilleure compréhension de cet épitope peut être vitale dans le développement de l'immunité contre les variantes induite par le vaccin ».

Ainsi, l’étude livre les clés de futurs vaccins

et en apportant une meilleure compréhension des anticorps dans le nez et de leur capacité à prévenir l'infection, elle soutient le principe du rappel vaccinal intranasal.

 

« Dans l'ensemble, la vaccination de rappel intranasale après un amorçage intramusculaire peut contribuer de manière significative à prévenir les infections respiratoires en conférant une immunité à la muqueuse et en neutralisant les agents pathogènes directement au site d’entrée de l'infection ».