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VACCIN COVID : Pourquoi les patients avec SEP traités par anti-CD20 doivent se faire vacciner

Actualité publiée il y a 3 semaines 2 jours 17 heures
Nature Medicine
Les patients atteints de sclérose en plaques (SEP), traités par anti-CD20 (rituximab), un traitement qui épuisent leurs cellules B productrices d’anticorps, présentent néanmoins des réponses robustes des lymphocytes T aux vaccins à ARNm COVID-19 (Adobe Stock 388806993)

Les patients atteints de sclérose en plaques (SEP), traités par anti-CD20 (rituximab), un traitement qui épuisent leurs cellules B productrices d’anticorps, présentent néanmoins des réponses robustes des lymphocytes T aux vaccins à ARNm COVID-19. C’est la démonstration de cette recherche menée à la Penn Medicine qui conclut donc en pratique, dans la revue Nature Medicine, à l’importance pour ces patients atteints de SEP traités par anti-CD20 de se faire vacciner.

 

Alors que les cellules B sont responsables de la production d'anticorps, la capacité des patients à produire des anticorps qui empêchent le virus d'entrer et d'infecter les cellules d'une personne est considérablement réduite en cas de traitement anti-CD20. Mais ces mêmes patients sont néanmoins capables de développer de très bonnes réponses du deuxième bras protecteur de leur système immunitaire, qui utilise les lymphocytes T pour éliminer les cellules une fois infectées.

 

A noter, de précédentes études ont suggéré que les patients atteints de sclérose en plaques (SEP), traités par anti-CD20 (rituximab) semblent développer une maladie COVID-19 plus sévère…

Les patients atteints de SEP devraient donc se faire vacciner contre COVID-19,

résume l’auteur principal, le Dr E. John Wherry, directeur du Penn Institute for Immunology. Son étude a en effet mesuré à la fois les réponses des anticorps et des lymphocytes T chez 20 patients atteints de SEP qui suivaient un traitement aCD20 vs témoins en bonne santé. Aucun des participants à l'étude n'avait de signes ou de symptômes cliniques antérieurs de COVID-19. Les chercheurs ont analysé des échantillons de plasma et de sang 0 5 reprises au cours de la période d'étude : avant la 1è dose de vaccin, 10 à 12 jours après la 1è dose de vaccin, avant la 2è dose de vaccin, 10 à 12 jours après la 2è dose de vaccin, et 25-30 jours après la 2è dose de vaccin. L’étude montre que :

 

  • tous les témoins en bonne santé ont généré à la fois des anticorps anti-spike et anti-receptor-binding domain (RBD) après la 1è dose de vaccin à ARNm, et le niveau d'anticorps a encore augmenté après la 2è dose ;
  • chez les patients atteints de SEP, la réponse en anticorps était beaucoup plus variable :
  • 30 jours après la 2è dose, 85 % des participants ont développé des anticorps anti-Spike et 50 % des réponses anti-RBD ;
  • chez les patients atteints de SEP présentant des anticorps détectables, l'ampleur de la réponse est plus faible et retardée vs témoins ;
  • le moment de la dernière perfusion d'anti-CD20 (généralement administré tous les 6 mois) impacte la réponse immunitaire : plus de cellules B circulantes avant le vaccin est associé à une réponse anticorps plus robuste au vaccin.

 

Chez ces patients, le moment de la vaccination n’est pas anodin : ainsi, si les patients atteints de SEP et traités par anti-CD20 sont toujours capables de développer des réponses vaccinales COVID-19 robustes et protectrices contre les formes sévères de COVID-19, le moment de la vaccination doit être réfléchi en fonction du traitement : les réponses étant plus faibles immédiatement après une perfusion d'anti-CD20, il s’agit de conseiller aux patients d'attendre plusieurs mois après la perfusion pour se faire vacciner.