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VACCIN COVID : Une efficacité bien limitée à quelques mois

Actualité publiée il y a 4 mois 1 semaine 2 jours
The Lancet Respiratory Medicine
Cette étude confirme la forte diminution de la protection apportée par le vaccin COVID au bout de 6 mois (Visuel Adobe Stock 439627858)

Cette étude, nommée « Providence » car menée par le Providence Health & Services (Washington) confirme la forte diminution de la protection apportée par le vaccin COVID au bout de 6 mois. Ces données publiées dans le Lancet Respiratory Medicine, en ligne avec les conclusions de précédentes études, notamment celles publiées depuis l’émergence du variant Omicron, vont permettre de mieux planifier les campagnes de vaccination, et de mieux les cibler, alors que la maladie COVID évolue vers une maladie endémique.

 

Avant tout, l’étude confirme l'efficacité globale des vaccins dans la prévention des formes graves de COVID-19, pouvant nécessiter une hospitalisation. Avec ce bémol déjà documenté, une baisse substantielle de la protection 6 mois après l’injection. Cette analyse des données de près de 50.000 patients admis dans l’un des hôpitaux du le Providence Health & Services entre avril et novembre 2021, conclue que :

 

  • les vaccins sont efficaces à 94 % à prévenir l'hospitalisation jusqu’à 50 à 100 jours -selon les patients- après avoir reçu le vaccin,
  • cette efficacité chute à 80,4 % 200 à 250 jours plus tard,
  • le déclin de la capacité protectrice est encore plus rapide ensuite au-delà de 250 jours.

Quels facteurs associés à cette efficacité réduite des vaccins ?

Les principaux facteurs de risque d’infection après vaccination, ou « breakthrough infection » ou encore infection de percée, sont :

 

  • l'âge avancé (80 ans et plus),
  • les comorbidités telles que le cancer,
  • les antécédents de greffes,
  • la maladie rénale chronique,
  • l'hypertension artérielle (HTA) ou l'insuffisance cardiaque,
  • le temps écoulé depuis la dernière injection,

 

Sur le type de vaccin reçu : l'étude confirme que le vaccin Moderna offre la meilleure protection globale dans le temps, tandis que le vaccin Pfizer-BioNTech offrait une protection initiale équivalente à celle de Moderna mais décline un peu plus rapidement avec le temps. Les personnes ayant reçu le vaccin Janssen présentent également un risque un peu plus élevé d’infection de percée (vs Moderna).

 

Mieux comprendre les différences d’évolution de protection et d’immunité vaccinales selon les différentes caractéristiques ou les principaux facteurs de risque est indispensable au ciblage des programmes de rappel, relève l’auteur principal, le Dr Amy Compton-Phillips, directeur clinique de Providence : « Nous apportons ici de nouvelles preuves du déclin rapide de la protection vaccinale, en particulier chez les patients de 80 ans ou plus. Nous identifions également d’importantes différences selon les vaccins qui doivent éclairer les stratégies de vaccination ».

 

Un réseau de chercheurs et de données poour mieux faire face aux épidémies et aux maladies endémiques : cette étude Providence, l'une des plus importantes du genre, montre l'intérêt de connecter un réseau de chercheurs à des données sur les soins de santé à grande échelle pour aider les systèmes de santé, les agences de santé publique, les décideurs, les patients et les communautés à apprendre et à réagir plus rapidement aux situations émergentes ou aux vagues endémiques.

 

Dans l'ensemble, les données confirment l'importance des vaccinations pour la protection contre l'hospitalisation et démontrent également clairement la nécessité de renforcer cette protection après 200 jours, en particulier pour les patients âgés de 80 ans et plus ou présentant des conditions médicales spécifiques qui augmentent le risque d'infection sévère.