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VIH et PTME: traiter la mère et l'enfant durant l'allaitement

Actualité publiée il y a 3 années 2 mois 3 jours
AIDS Conference 2016

Cette étude des National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID/NIH), présentée à la Conférence AIDS 2016, montre l’efficacité d’un traitement antirétroviral pendant l'allaitement chez les mères infectées par le VIH. Ce shéma thérapreutique parvient à éliminer, presque totalement, le risque de transmission du VIH via le lait maternel à l’enfant. Cette étude, menée en Afrique sub-saharienne et en Inde, finalement ajoute à la preuve des multiples avantages de la thérapie antirétrovirale pour toute personne vivant avec le VIH, dont en PrEP et précisément ici en PTME.

Il s'agit ici de l'analyse des données de l'étude « Promoting Maternal and Infant Survival Everywhere » (ou PROMISE) qui vient appuyer les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2015 qui préconisent un traitement antirétroviral continu pour toutes les femmes enceintes et allaitantes vivant avec le VIH. Lancée en 2010, l'étude Promise, cherche à déterminer la meilleure façon de réduire en toute sécurité le risque de transmission du VIH des femmes infectées par le VIH à leurs bébés pendant la grossesse, lors de l'accouchement et après l'accouchement, tout en préservant, bien sûr, la santé de la mère et de l'enfant. Les premières analyses de données, en 2014 ont déjà identifié la supériorité, chez la mère, d'une combinaison de 3 médicaments, pour la PTME pendant la grossesse et l'accouchement.


Les chercheurs ont suivi 2.431 paires de mères infectées par le VIH et leurs nourrissons séronégatifs sur différents sites, en Afrique du Sud, au Malawi, en Tanzanie, en Ouganda, en Zambie, au Zimbabwe et en Inde entre Juin 2011 et Octobre 2014. La plupart des participantes étaient asymptomatiques et avaient des niveaux de CD4 + relativement élevés. Les mères et leurs nouveau-nés ont été répartis pour recevoir un des 2 traitements testés.

- Le premier traitement consistait en une thérapie antirétrovirale triple pour la mère sur toute la durée de suivi de l'étude et des doses quotidiennes de névirapine pour le nourrisson jusqu'à 6 semaines après la naissance,

- le second traitement se composait d'une thérapie antirétrovirale triple pour la mère jusqu'à 1 semaine après l'accouchement et des doses quotidiennes de névirapine pour le nourrisson à partir de la première semaine de vie et sur toute la durée de suivi.

- Les participants ont été suivis durant 18 mois ou jusqu'à ce que la mère arrête l'allaitement (en moyenne 15 mois après l'accouchement).

Un schéma validé de PTME durant l'allaitement : Les chercheurs rappellent qu'en l'absence de toute intervention, les taux de transmission d'une mère infectée par le VIH à son enfant, pendant la grossesse le travail, l'accouchement ou l'allaitement sont compris entre entre 15 et 45%. Ici, ils constatent que :

· le traitement antirétroviral triple pour la mère avec la névirapine pour l'enfant, apporte une bonne protection contre la transmission mère-enfant,

· le taux de transmission périnatale ne diffère que très peu entre les 2 bras de l'étude, soit 0,3% à 6 mois et 0,6% à 1 an,

· plus longtemps une mère infectée par le VIH allaite, plus le risque de transmission à l'enfant est élevé.

· Les taux d'événements indésirables chez les mères et les bébés ont été extrêmement faibles dans les deux bras de l'étude ;

· 99% des bébés ont survécu au-delà de leur premier anniversaire.

Des résultats qui confirment toute l'importance chez les mères de poursuivre un TARV pour réduire le risque de transmission à l'enfant pendant l'allaitement. Car les chercheurs constatent ici que le TARV combiné pour la mère, et la névirapine quotidienne pour le nourrisson, sont à la fois sûrs et efficaces pour prévenir la transmission du VIH pendant l'allaitement. Et, dans l'ensemble, le taux de mortalité infantile s'avère extrêmement faible, presque tous les bébés survivant au-delà de la première année de vie. Un résultat qui en soit, suggère l'efficacité du protocole.

Les bénéfices de l'allaitement sans le risque de transmission : " Ces résultats ajoutent à l'ensemble considérable de preuves confirmant les avantages de la thérapie antirétrovirale pour toute personne vivant avec le VIH », commente le Dr Anthony S. Fauci, directeur des NIAID/NIH : « La thérapie antirétrovirale maternelle minimise en toute sécurité la menace de transmission du VIH par le lait maternel, tout en préservant les avantages pour la santé de l'allaitement maternel ». L'allaitement maternel contribue en effet à prévenir la malnutrition, et les anticorps du lait maternel protègent les bébés contre la diarrhée et les infections respiratoires.

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