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ADDICTION au TABAC : Et si l'on remplaçait la nicotine par des noix d'arec ?

Actualité publiée il y a 2 années 8 mois 1 semaine
ACS

Il ne s’agit pas de grignoter des noix pour décrocher du tabac. Mais la découverte en question pourra donner lieu à un substitut nicotinique « miracle » : un dérivé de la noix d'arec, l'arécoline, stimule les récepteurs cellulaires mêmes du cerveau responsables de la dépendance à la nicotine tout en épargnant les autres types de récepteurs de la nicotine. Bref, de "simples noix" pourraient contribuer à l’arrêt du tabac, montre cette étude présentée à la 253è Réunion nationale de l’American Chemical Society.

L'arécoline plutôt que la varénicline : au centre de ces travaux, ce dérivé, l'arécoline, l'un des alcaloïdes psychoactifs de la noix d'arec, qui se présente comme une solution naturelle, efficace et prometteuse contre la dépendance au tabac ; une nouvelle molécule qui pourrait, mais sans effets indésirables, constituer une alternative aux médicaments de sevrage existants comme Chanpix® (varénicline). Si ces médicaments pour cesser de fumer peuvent aider certains patients à arrêter, ils entraînent des effets secondaires nocifs. De nombreuses études ont ainsi documenté les pensées suicidaires, les troubles du sommeil et le somnambulisme, et les troubles cardiovasculaires associés à la varénicline.


Quel processus ? La varénicline réduit le « craving » à la nicotine en se liant aux mêmes récepteurs qui attachent des molécules de nicotine aux cellules du cerveau. Ses effets indésirables surviennent lorsque la molécule se lie également à d'autres récepteurs de nicotine non impliqués dans la dépendance. L'arécoline a l'avantage d'être plus spécifique : elle ne cible pas d'autres récepteurs et apporte ainsi plus de sécurité.

Mais pourquoi la noix d'areca ? C'est en s'intéressant à d'anciennes sculptures réalisées par des artistes qui consommaient une préparation à base de noix d'areca tranchées avec de la chaux éteinte (hydroxyde de calcium), des épices ou des bonbons et, dans certains cas, du tabac, le tout emballé dans des feuilles de la vigne de Bétel que les chercheurs se sont mis à étudier les propriétés chimiques de la noix d'arec. C'est ainsi qu'ils ont découvert que l'arécoline stimule les mêmes récepteurs cellulaires du cerveau responsables de la dépendance à la nicotine mais sans stimuler les autres types de récepteurs de la nicotine.

Aujourd'hui l'équipe travaille sur toute une gamme de composés présentant des structures légèrement différentes de l'arécoline, des composés qui se lient également aux récepteurs liés à l'addiction, tout en épargnant les autres récepteurs. Ces analogues de l'arécoline doivent prochainement être testés chez l'animal.

(ACS) 5-Apr-2017 Addictive nut's derivatives could help smokers break the nicotine habit (Visuel@Roger Papke, Ph.D.)

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