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ALITEMENT du PATIENT ÂGÉ : 25 minutes de marche pour se remettre en marche

Actualité publiée il y a 4 mois 3 semaines 6 jours
British Journal of Sports Medicine
Un alitement prolongé peut avoir des conséquences dévastatrices sur la santé et la capacité de fonctionnement du patient âgé (Visuel Adobe Stock 429992527)

Un alitement prolongé peut avoir des conséquences dévastatrices sur la santé et la capacité de fonctionnement du patient âgé. Cette équipe de l’Université de Séville a évalué la quantité d’exercice physique adapté, nécessaire pour contrer les effets physiques néfastes de l'alitement : l’étude, publiée dans le British Journal of Sports Medicine conclut que 25 minutes/jour de marche suffisent. L’étude en revient donc aux directives de base de la pratique de l’activité physique et confirme la marche comme un mode d’exercice universel, adapté aux plus âgés.

 

Il faudrait, dans l’idéal, après un alitement prolongé, « pousser » jusqu’à 50 min de marche lente ou 40 min d'activités physiques mixtes, ce serait encore mieux, indique l'analyse. Mais il peut aussi exister un effet de seuil, sans bénéfice supplémentaire clair au-delà de de 90 minutes/jour d’exercice de faible intensité ou 60 minutes/jour d'activité physique d'intensité modérée.

Chacun doit trouver sa dose adaptée, le principal étant de marcher

Les personnes âgées admises à l'hôpital, même celles qui peuvent marcher seules, passent la majeure partie de leur séjour au lit. Cette inactivité prolongée peut provoquer un « syndrome post-hospitalier » c’est-à-dire une période de vulnérabilité après la sortie de l’hôpital, associée à un « déconditionnement » physique général. S'il cette situation n’est pas gérée activement, elle peut entraîner une réadmission, l'invalidité, l’institutionnalisation, la maladie ou le décès, soulignent les auteurs.

 

La mobilité reste la première des préventions : le fait de sortir les patients hospitalisés plus âgés du lit et de les inciter à se déplacer peut aider à prévenir le déclin physique, mais il convient de préciser la « dose » exacte d'activité la plus efficace à prévenir ces complications.

 

L’étude a analysé les essais cliniques publiés impliquant des participants âgés de plus de 50 ans, hospitalisés pour une maladie grave et à qui il avait été prescrit une forme d'activité physique pendant leur hospitalisation. Seuls les essais incluant un groupe témoins, assigné à recevoir les soins standards ont été sélectionnés. Les chercheurs ont évalué les effets de la pratique d’une activité physique sur la capacité fonctionnelle ou à effectuer les activités courantes de la vie quotidienne. La méta-analyse a porté finalement sur 19 essais cliniques impliquant 3.783 participants, âgés de 55 à 87 ans.

 

  • La durée moyenne d’hospitalisation était de 7 jours ;
  • la période moyenne de surveillance après la sortie de l’hôpital, de 68 jours ;
  • la « dose » minimale requise pour contrer les effets de l'alitement et améliorer la capacité fonctionnelle des patients âgés hospitalisés est estimée à environ 40 minutes/jour d'activité physique d'intensité légère ou à environ 25 minutes/jour d'activité physique d'intensité modérée ;
  • la « dose » optimale est estimée à 70 min/jour d'intensité légère ou 40 min/jour d'activité physique d'intensité modérée ;
  • il n’y a pas de bénéfice supplémentaire clair associé à des « doses » d’exercice de plus de 90 minutes/jour d'intensité légère ou de 60 minutes/jour d'activité physique d'intensité modérée, ce qui suggère un effet de seuil ;
  • le meilleur type d'activité physique pour éviter le déclin physique consiste en une combinaison d'activité physique au cours d'une séance quotidienne et de marche lente ;
  • la marche est l’activité la plus efficace et chez plus de 80 % des patients, à réduire les effets fonctionnels de l’alitement, la dose optimale étant atteinte vers 50 min/jour, et la dose minimale efficace atteinte à 25 min/jour ;
  • l'efficacité des interventions d'activité physique augmente de l'admission à la sortie de l’hôpital, et culmine environ 19 jours après la sortie ;
  • le taux ou risque de chute s’avère similaire entre les groupes d'intervention et les groupes témoins, cependant les participants des groupes d’intervention subissent des conséquences moins sévères de leurs chutes éventuelles.

 

Les implications sont très claires : « Les personnes âgées devraient représenter plus de 60% de la population totale de patients hospitalisés d'ici 2030. Sur la base des preuves existantes à ce jour, on connait précisément le type et la dose d'activité physique nécessaires pour prévenir le déclin fonctionnel et réduire les événements indésirables chez les personnes âgées admises à l'hôpital. Si l'intervention la plus puissante reste la marche, les effets bénéfiques de l’activité physique supervisée à l'hôpital peuvent être optimisés sur la base de 25 minutes/jour de marche lente,

un objectif réalisable pour la plupart de ces patients âgés hospitalisés ».

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