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ALZHEIMER : Ces premiers signes subtiles qui annoncent le déclin cognitif

Actualité publiée il y a 4 mois 2 semaines 3 jours
Neurology
L'étude suggère que des changements cognitifs peuvent se produire avant que des niveaux significatifs d'amyloïde ne se soient accumulés

Certes, on constate au fil des recherches, l'émergence de marqueurs de la maladie d'Alzheimer, soit biologiques via l’analyse du liquide céphalo-rachidien (LCR), soit d'imagerie médicale, cependant identifier ces marqueurs restent très couteux et souvent inadapté à la routine clinique. Ainsi, le diagnostic et la compréhension de la progression de la maladie restent encore aujourd’hui parcellaires et, finalement, soutient cette équipe de l’Université de Californie - San Diego, des difficultés cognitives objectives et subtiles sont peut-être plus simplement et fortement prédictrices de l'accumulation d'amyloïde et de la progression de la neurodégénérescence. C’est tout le concept de cette recherche, présentée dans la revue Neurology, basée sur la classification « Obj-SCD » ou « objectively-defined subtle cognitive difficulties ».

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D'une manière générale, les scientifiques pensent que pour la plupart des gens, la maladie d’Alzheimer est causée par une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux, notamment de mode de vie. L'augmentation de l'âge est un facteur de risque majeur bien connu. L'hypothèse de « l’amyloïde » ou d’une accumulation de plaques de protéines amyloïdes dans le cerveau qui tue les neurones et altère progressivement les fonctions cognitives spécifiques, telles que la mémoire, est de plus en plus souvent remise en, question : en effet, de nombreux essais cliniques dans lesquels des médicaments ciblent et éliminent avec succès l'amyloïde du cerveau montrent l’absence d'impact de ces traitements sur la projection du déclin cognitif.

La capacité d'identifier les personnes à risque élevé de maladie d’Alzheimer serait une « aubaine clinique », car c'est une fenêtre d'opportunité pour mettre en œuvre des stratégies de prévention et de traitement.

Cette recherche montre que l'accumulation de protéine amyloïde anormale caractéristique des maladies neurodégénératives comme la maladie d'Alzheimer se produit plus rapidement chez les patients considérés comme ayant des difficultés cognitives subtiles ou « Obj-SCD ».

Ces difficultés cognitives subtiles ou « Obj-SCD ».

La classification Obj-SCD a déjà été documentée comme associée à la progression vers une déficience cognitive légère (MCI) et vers la démence. De quoi s’agit-il ? Cette classification est déterminée à l'aide de mesures neuropsychologiques non invasives mais sensibles, dont des mesures de l'efficacité avec laquelle une personne apprend et mémorise de nouvelles données. Ces difficultés cognitives subtiles sont détectables dès le stade préclinique de la maladie d’Alzheimer alors que les plaques amyloïdes s'accumulent tout juste dans le cerveau et que la neurodégénérescence ne fait que commencer.

 

« Obj-SCD », une signature prometteuse de la progression de la maladie : Cette recherche a été menée dans le cadre du programme Alzheimer's Disease Neuroimaging Initiative (ADNI), lancé en 2003 pour tester si l'imagerie cérébrale régulière et répétée, combinée à d'autres marqueurs biologiques et évaluations cliniques, peut mesurer la progression de la déficience cognitive légère et de l’ « Alzheimer » précoce. L’étude a suivi 747 participants dont 305 cognitivement sains, 153 avec « Obj-SCD » et 289 diagnostiqués avec déficience cognitive légère. Tous les participants ont subi des tests neuropsychologiques et des examens d’imagerie. L’analyse des données montre que :

  • l'accumulation d'amyloïde était plus rapide chez les personnes classées « Obj-SCD » ;
  • un amincissement sélectif du cortex entorhinal, une zone du cerveau affectée très tôt dans la maladie d'Alzheimer et associée à la mémoire, à la navigation spatiale et à la perception du temps est également constaté chez les participants à Obj-SCD ;
  • les participants atteints de déficience cognitive légère présentaient une atrophie du lobe temporal plus répandue, y compris de l'hippocampe, et plus d'amyloïde dans le cerveau au début de l'étude, mais, chez ces patients, l’accumulation d'amyloïde n’est pas plus rapide que chez les participants cognitivement sains.  

 

 

Détecter les changements cognitifs subtils : ainsi, la recherche défend l’hypothèse que les stratégies de mesures neuropsychologiques sensibles captent des changements cognitifs subtils beaucoup plus tôt dans le processus de la maladie qu'on ne le pensait auparavant, et sans doute avant, contrairement à l’idée généralement reçue, que l'amyloïde ne commence à induire la neurodégénérescence et les troubles cognitifs associés, résume l'auteur principal, le Dr Mark W. Bondi, professeur de psychiatrie à l'UC San Diego School of Medicine.

 

 

Se concentrer sur d’autres cibles que l’amyloïde : les implications sont importantes pour la recherche sur les cibles de traitement de la maladie d’Alzheimer, car l'étude suggère que des changements cognitifs peuvent se produire avant que des niveaux significatifs d'amyloïde ne se soient accumulés. Il s’agirait donc pour les chercheurs, de se concentrer sur d’autres cibles que l'amyloïde, comme la protéine tau, plus fortement associées aux difficultés cognitives, même subtiles et « du quotidien ».

 

 

Ainsi, s’il ne s’agit pas de remettre en question les biomarqueurs existants de la maladie d'Alzheimer,  une méthode d'identification des sujets à risque de progression vers la maladie d’Alzheimer à l'aide de mesures neuropsychologiques pourrait permettre et est peut-être aujourd’hui le meilleur moyen d’améliorer la détection précoce.

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