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ALZHEIMER : L’alimentation et la fonction hépatique participent aussi au risque de démence

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 3 semaines
AAIC
Le dysfonctionnement du foie peut dans ces cas empêcher l’incorporation de ces acides gras dans les plasmalogènes, qui sont essentiels à la fonction synaptique dans le cerveau, ce qui peut affecter la cognition

Cette équipe de l'Université de Pennsylvanie montre que le foie pourrait contribuer au risque d'Alzheimer en ne fournissant plus des lipides clés et nécessaires au cerveau, les plasmalogènes dont des niveaux trop réduits sont déjà documentés comme associés à un risque accru de maladie d'Alzheimer. Des conclusions présentées lors de la conférence internationale de l'Association Alzheimer AAIC.

Les plasmalogènes sont des lipides créés dans le foie et dispersés dans le sang sous forme de lipoprotéines, qui transportent également le cholestérol et d'autres lipides vers et à partir des cellules et des tissus, dans tout le corps y compris le cerveau.

 

L’équipe du Dr Mitchel A. Kling, professeur agrégé de psychiatrie à la Perelman School of Medicine de la Penn a développé 3 index ou mesures de la quantité de ces lipides liés à la cognition :

  1. les ratios de plasmalogènes les uns aux autres ;
  2. les rapports des plasmalogènes/ leurs homologues lipidiques plus conventionnels ;
  3. une combinaison de ces 2 ratios.

 

 

Les niveaux de plasmalogènes, un marqueur de la cognition : les plasmalogènes circulant dans le sang sont en effet associés au risque de maladie d'Alzheimer, de déficience cognitive légère (MCI), de fonction cognitive globale et / ou d'autres biomarqueurs de la neurodégénérescence dans la maladie d'Alzheimer.

Les chercheurs ont mesuré à l’aide de ces index, plusieurs plasmalogènes, dont ceux contenant des acides gras oméga-3, l'acide docosahexaénoïque (DHA), l'acide eicosapentaénoïque (EPA), ainsi qu'un acide gras oméga-6 et des lipides non plasmalogènes étroitement apparentés, chez un premier groupe de 1.547 sujets, participant à la Alzheimer's Disease Neuroimaging Initiative, atteints de la maladie d'Alzheimer, de déficience cognitive légère ou de problèmes de mémoire avérés ou cognitivement normaux. Puis l’équipe a refait l’exercice sur un second groupe de 112 sujets suivis au Penn Memory Center. L’analyse constate que :

  • des valeurs inférieures de ces index sont associées à un risque plus élevé de la maladie d'Alzheimer ;
  • des valeurs légèrement inférieures, à la déficience cognitive légère et aux troubles de la mémoire ;
  • certaines de ces réductions des niveaux de plasmalogènes s’avèrent corrélées à des niveaux accrus de protéine tau dans le cerveau, un marqueur de la maladie d'Alzheimer.

 

 

Une carence en plasmalogènes liée à l'âge pourrait conduire à un risque accru de maladie d'Alzheimer : « avec l’âge, le foie peut ne plus en produire suffisamment », explique l’auteur qui voit plusieurs implications :

  • une relation possible entre des conditions telles que l'obésité et le diabète, et la maladie d'Alzheimer, car en cas de trouble métabolique, le foie doit travailler plus activement pour métaboliser les acides gras ;
  • la destruction des peroxysomes (impliqués dans la respiration cellulaire) qui créent les plasmalogènes ;
  • le manque d'effet parfois observé de l'administration d'huile de poisson ou de DHA sur la fonction cognitive ou la maladie d'Alzheimer chez certains patients : le dysfonctionnement du foie peut dans ces cas empêcher l’incorporation de ces acides gras dans les plasmalogènes, qui sont essentiels à la fonction synaptique dans le cerveau, ce qui peut affecter la cognition. Bref, le foie « médie » les effets du DHA.
  • L’intervention/dysfonctionnement de plusieurs des gènes associés à la maladie d’Alzheimer impliqués dans le transport ou le métabolisme des lipides.

 

Ces résultats et leurs implications ouvrent un tout nouveau champ de recherche et de développement d’approches préventives et thérapeutiques de la maladie d'Alzheimer. Il s’agira de mieux comprendre les connexions entre les plasmalogènes, les autres lipides et la cognition, en plus de l'expression des gènes dans le foie et le cerveau.

 

Mais cette découverte de l’implication du foie et donc de l’impact du régime alimentaire dans la maladie d'Alzheimer et la neurodégénérescence, est prometteuse.

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