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ALZHEIMER : Les promesses de l’immunothérapie

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 1 jour
Science Translational Medicine
Plusieurs équipes de recherche travaillent à des formes d’immunothérapie pour la maladie d’Alzheimer (Visuel Adobe Stock 236237463)

Plusieurs équipes de recherche travaillent à des formes d’immunothérapie pour la maladie d’Alzheimer. Cette nouvelle recherche renforce l’espoir d’induire les cellules immunitaires à éliminer la protéine toxique amyloïde du cerveau. L’équipe de neurologues et de pharmacologues de l'Université de Washington décrit ici, dans la revue Science Translational Medicine, un anticorps capable de mobiliser ainsi les cellules immunitaires contre les plaques amyloïdes et d’inverser les anomalies comportementales et cognitives, liées à la maladie.

 

La maladie d’Alzheimer commence par le dépôt et l’agrégation d’une protéine collante appelée bêta-amyloïde qui s’accumule en plaques dans le cerveau, déclenchant toute une cascade d’événements qui finissent par entraîner une atrophie cérébrale et un déclin cognitif.

 

Une nouvelle génération de médicaments contre la maladie d’Alzheimer, bases d’une nouvelle forme d’immunothérapie, s’avèrent capables de modifier le cours de la maladie. Ils « marquent » l’amyloïde pour qu’elle puisse être ciblée puis éliminée par les cellules immunitaires du cerveau.

Mobiliser directement les cellules immunitaires

L’étude démontre que l’activation de cellules immunitaires appelées microglies avec cet anticorps réduit en effet les plaques amyloïdes dans le cerveau et atténue les anomalies comportementales. La démonstration est effectuée chez la souris modèle de maladie de type Alzheimer.

 

« En activant les microglies, notre anticorps peut éliminer les plaques bêta-amyloïdes chez la souris et pourrait même éliminer d'autres protéines toxiques liées à d'autres maladies neurodégénératives, dont la maladie de Parkinson », ajoute l'auteur principal, le Dr Marco Colonna, professeur de pathologie à l'Université de Washington.

 

Les microglies entourent les plaques pour créer une barrière qui contrôle la propagation des protéines nocives. Elles peuvent également engloutir et détruire les protéines de la plaque, mais ce n’est généralement pas le cas dans la maladie d’Alzheimer. Leur passivité est mise sur le compte d’une protéine -bien connue- appelée APOE, composante des plaques amyloïdes. Les protéines APOE de la plaque se lient à un récepteur – LILRB4 – sur les microglies entourant les plaques, les inactivant. L’étude révèle, chez les souris et chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, que :

 

  • les microglies qui entourent les plaques produisent et positionnent LILRB4 à la surface des cellules, ce qui inhibe leur capacité à contrôler la formation de plaques nocives lors de la liaison à l’APOE ;
  • des souris modèles de plaques bêta-amyloïdes dans le cerveau, traitées avec un anticorps « maison » qui empêche la liaison entre l'APOE et LILRB4 voient leurs microglies activées et devenir capables d'engloutir et d'éliminer les plaques bêta-amyloïdes ;
  • cette élimination des plaques bêta-amyloïdes atténue également les comportements et les déficits anormaux, liés à la maladie ;
  • après la formation de plaques bêta-amyloïdes dans le cerveau, une autre protéine cérébrale – la protéine tau – s’emmêle dans les neurones. A ce deuxième stade de la maladie, les neurones meurent et des symptômes cognitifs apparaissent. Des niveaux élevés de LILRB4 et d'APOE ont été observés chez les patients atteints de MA à ce stade ultérieur. Il est possible, suggèrent les auteurs, que le fait d’empêcher les protéines d’interagir et de réactiver les microglies puisse empêcher ou retarder cette évolution de la maladie.

 

Enfin, cette forme d’immunothérapie cérébrale pourrait avoir des implications au-delà de la maladie d’Alzheimer. Les amas toxiques de protéines cérébrales sont en effet caractéristiques de nombreuses maladies neurodégénératives, notamment la maladie de Parkinson, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et la maladie de Huntington.

 

Encouragés par ces premiers résultats, les chercheurs explorent d’ores et déjà, d’autres immunothérapies pour éliminer du cerveau les protéines toxiques à l’origine de ces maladies neurologiques.

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