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ÉPILEPSIE : La réponse est peut-être dans la microglie

Actualité publiée il y a 1 semaine 1 jour 5 heures
Cell Reports
Une nouvelle piste de traitement de l'épilepsie est inspirée par la réponse immunitaire naturelle du cerveau (Visuel adobe Stock 398867897)

Cette équipe de l'Université de Virginie (UVA) vient de faire une découverte qui pourrait changer la donne dans le traitement des lésions cérébrales liées aux crises d’épilepsies. Alors qu’environ une personne épileptique sur 3 ne répond pas aux médicaments antiépileptiques courants, cette nouvelle piste, inspirée par la réponse immunitaire naturelle du cerveau, et documentée dans les Cell Reports, répond à véritable besoin, face à cette maladie débilitante, aux formes multiples et complexe à traiter.

 

Grâce à une technique d’imagerie de pointe, l’équipe menée par Ukpong B. Eyo (Visuel ci-dessous) chercheur au département des neurosciences de l'UVA et au Center for Brain Immunology and Glia (BIG), constate, pour la première fois que les cellules immunitaires appelées microglies ne font pas qu’éliminer les cellules lésées par les crises mais semblent en réalité "guérir" les neurones endommagés. « De récentes études soutiennent l'idée que la microglie pourrait être utilisée pour réduire les crises, mais jusqu’à cette étude nous manquions de preuves directes et visuelles de leur possible contribution » commente Ukpong B. Eyo.

Ukpong B. Eyo (Visuel ci-dessous) chercheur au département des neurosciences de l'UVA et au Center for Brain Immunology and Glia (BIG) (Visuel Dan Addison | Communication UVA)

La microglie, un support structurel à l'intégrité neuronale

Exploiter cette fonction possible et naturelle de la microglie pourrait constituer une nouvelle approche thérapeutique prometteuse dans l’épilepsie : ici, les chercheurs observent, chez la souris modèle de crises, que plutôt que de simplement nettoyer les débris cellulaires, la microglie commence à former des poches qui n’engloutissent pas le matériel endommagé, comme le font de nombreuses cellules immunitaires mais « regonflent » les dendrites, les branches des cellules nerveuses qui transmettent l'influx nerveux. En résumé, écrivent les scientifiques, la microglie semble favoriser leur guérison.

Ces petits sacs à processus microglial perdurent pendant des heures, rétrécissent de temps à autre, et semblent redonner aux dendrites une structure et une fonction normales.

 

« Nous observons que la microglie favorise une récupération structurelle des neurones blessés suggérant un processus de « guérison » »,

écrivent les scientifiques dans leur communiqué.

 

Tirer parti de la réponse immunitaire du cerveau : les immunothérapies, en général, ont le vent en poupe, même si les mécanismes précis qui régulent les réponses immunitaires naturelles restent à identifier. Des recherches restent nécessaires pour confirmer ce principe de « guérison », mais, si cela était bien le cas, ces observations pourraient donner lieu à des approches visant à améliorer ce processus, dans le contexte des crises notamment.

 

L’équipe a déjà reçu le soutien des National Institutes of Health (NIH) pour poursuivre cette étude des mécanismes naturels de la microglie.

La prochaine étape va consister à décrypter un peu mieux le rôle de la microglie en réponse à l’hyperactivité cérébrale mais aussi comment elle peut contribuer à réguler la fonction vasculaire, un point important dans des maladies telles que la maladie d'Alzheimer.

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